14 juin

Dans les universités, la grève des femmes s’organise

Partout dans le pays, la grève féministe du 14 juin se prépare. A la suite des problèmes survenus lors de la grève pour le climat en janvier, les hautes écoles et universités romandes prennent des mesures pour qu’il n’y ait pas d’examens ce jour-là

Exempter les étudiants d’examens le 14 juin 2019, c’est ce qu’ont demandé les ministres neuchâteloise et jurassien de la Formation Monika Maire-Hefti et Martiel Courtet aux lycées, aux hautes écoles et à l’Université de Neuchâtel. Car ce jour-là, les femmes et les hommes féministes se mettront en grève et mèneront des actions dans tout le pays. Or la manifestation tombe en pleine session d’examens, ce qui risque de décourager les étudiantes et apprenties de participer aux mouvements de grève.

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Mieux vaut prendre des mesures au préalable, la leçon a été retenue par les responsables de l’instruction publique après la grève des élèves pour le climat le 18 janvier. Si certains, comme la conseillère d’Etat genevoise Anne Emery-Torracinta, avaient accordé leur bénédiction aux élèves pour aller manifester, plusieurs cantons avaient, eux, décrété la tolérance zéro à l’endroit des sécheurs de cours. C’est ainsi que dans le canton de Vaud, des élèves du Gymnase de la Broye ont reçu la note 1 pour avoir manqué un examen de maths, avant que la direction de l’établissement ne revienne sur sa décision, notamment grâce à des pressions médiatiques.

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Contacté, le rectorat de l’Université de Fribourg dit avoir «pris note de l’attention que la grève des femmes trouve auprès du public, de la politique et des médias» et a prié ses facultés «de renoncer dans la mesure du possible à prévoir des examens le 14 juin 2019».

Dans le canton de Vaud, le Département de la formation mené par la conseillère d’Etat Cesla Amarelle est intervenu auprès des directeurs d’école. Il leur a demandé de ne pas prévoir d’examens écrits et oraux ce jour-là «dans la mesure du possible». Quant aux enseignantes, elles ne pourront pas invoquer un congé général, car la grève s’inscrit dans le cadre d’une manifestation nationale et ne remplit pas les conditions liées à un conflit du travail avec l’Etat de Vaud.

Le canton a également recommandé aux hautes écoles de prendre en compte cette contrainte, ce qui devrait être le cas à la Haute Ecole pédagogique et à la Haute Ecole de santé. La direction de l’Université de Lausanne y est aussi favorable. La concrétisation dépendra toutefois des contraintes organisationnelles, notamment de la disponibilité des grands auditoires.

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A Genève, la question reste ouverte. Le Grand Conseil n’a pas encore traité la motion déposée en octobre 2018 par la députée verte Adrienne Sordet demandant qu’il n’y ait pas d’examens le 14 juin 2019. Plusieurs organisations ont adressé des courriers à l’université, aux hautes écoles ainsi qu’à la cheffe du Département de l’instruction publique pour leur demander l’exemption des examens ce jour-là.

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