Où est-ce que je peux m’inscrire? Où puis-je visualiser mon positionnement politique? Puis-je le comparer avec celui des candidats? Voici quelques-unes des interrogations les plus fréquentes des utilisateurs de Smartvote, la plateforme d’aide au vote la plus utilisée en Suisse. Basé sur un formulaire de 75 questions adressé à tous les candidats aux élections fédérales du 23 octobre, cet outil permet de connaître leurs positions sur des sujets comme l’instauration d’un salaire minimum ou l’avortement. En un mois et demi de fonctionnement, Smartvote a produit près de 75 000 recommandations de vote.

Noé Pelet, un Vaudois de 26 ans, l’a découvert en se baladant sur les réseaux sociaux. Pour ce syndicaliste, les résultats sont plutôt étonnants. «Je m’attendais à être plus proches des socialistes. Mais dans les faits, je suis plus proche du POP et des Verts!». Comment l’expliquer? 36% des candidats n’ont toujours pas répondu au questionnaire. Ce sont autant de profils qui ne peuvent être pris en compte dans le calcul de la recommandation de vote. Mais ce n’est pas tout. «Les questions sont souvent pointues. Les explications données n’aident pas forcément à comprendre les enjeux», regrette Noé Pelet. Il apprécie néanmoins la «smartspider», la toile qui résume virtuellement le positionnement politique. «Comparer son positionnement politique à celui d’un élu est ce qui a de plus intéressant. Dommage qu’il soit difficile de trouver cette fonction sur la plateforme», ajoute le Lausannois.

Marie Bender parle de Smartvote sur son compte Twitter où elle incite ses «followers» à l’utiliser. «Je m’attendais un peu aux résultats. Cela ne changera pas mon vote le 23 octobre», constate-t-elle. Pour la Valaisanne de Fully, l’outil s’adresse d’abord à des initiés. «L’accès n’est pas facile. Pour s’y rendre, il faut être intéressé à la base». Elle en retire un enseignement: «Grâce à mes résultats, je serai à l’avenir plus attentive aux discours et aux décisions des politiciens dont je suis le plus proche».

Stéphane Gallay, graphiste de formation, a consacré un article à la plateforme sur son blog. «Le système n’est sans doute pas sans défaut ni détracteurs, mais il a une force indicative non négligeable», écrit-il. S’il a rempli son questionnaire, c’est par goût du jeu. «Pouvoir pondérer ses questions permet de savoir lesquelles sont les plus importantes pour les utilisateurs. Mais je ne suis pas certain que cela soit compréhensible par tous», fait remarquer le Genevois de 44 ans.

«Une bonne idée #smartvote mais mal réalisé et mal communiqué». Sur son fil Twitter, la critique du conseiller en nouvelles technologies Frédéric Silder est dure. «L’attrait de la plateforme est de pouvoir en parler avec ses amis, comparer son positionnement politique. Or, il n’est pas possible de le partager facilement sur Facebook par exemple», précise l’ancien directeur informatique.

Smartvote, émanation de l’association Politools, liée au monde académique se dit conscient de ces problèmes. «Nous prenons en compte ces critiques. Dans le courant du mois de septembre, nous apporterons des améliorations régulières», rassure Raphaël Leuneberger, responsable de la plateforme en Suisse romande.