Etrangement, alors qu'elle est année électorale, 2002 n'apportera pas de changement significatif dans la vie quotidienne des Jurassiens. Elle sera davantage une année de réflexion et d'élaboration de projets de société. Avec, si possible, suffisamment de recul pour sortir des débordements passionnels. En «sortant le nez du guidon», selon l'expression du ministre Jean-François Roth.

Déménagements. A défaut d'inaugurations de tronçons de Transjurane ou d'écoles, les Jurassiens se rabattront sur les déménagements. Celui du bureau central de Jura Tourisme, qui investit les locaux de l'ancienne préfecture de Saignelégier. Celui, annoncé pour la fin de l'automne, du parlement et du gouvernement cantonaux à l'ancien Palais de Justice de Delémont, transformé dans l'intervalle.

Elections cantonales. Depuis 1993 et l'élection de Pierre Kohler, le PDC est majoritaire au gouvernement jurassien, occupant trois des cinq fauteuils. L'annonce du retrait de Pierre Kohler au terme de la législature met à plat la question de la majorité démocrate-chrétienne, alors que le parti ne représente qu'un tiers de l'électorat. Ce sera l'un des enjeux des élections cantonales de l'automne 2002: le PDC cherchera-t-il a tout prix à faire élire l'un des siens pour succéder à Pierre Kohler? S'il se contente de deux ministres, qui s'installera sur la chaise libérée? Un deuxième socialiste ou un chrétien-social (le PCSI est privé d'exécutif depuis 1995)? La radicale Anita Rion et le socialiste Claude Hêche seront-ils réélus? Le prochain gouvernement sera-t-il représentatif des forces politiques (2 PDC, 1 socialiste, 1 radical et 1 PCSI) ou bicolore (3 PDC et 2 PS)? Autant d'hypothèses à méditer, pour les électeurs jurassiens. Petite nouveauté électorale: trois semaines sépareront le premier et le second tour de l'élection, contre deux seulement jusqu'ici.

Pays ouvert, hôpitaux et aménagement du territoire. 2002 sera l'année des grandes décisions dans un Jura qui doit revoir son organisation pour ne pas péricliter. Les options sont de la compétence du parlement. Mais la population ne se contentera pas d'être une observatrice obéissante. Elle veut avoir son mot à dire et choisir entre la concentration hospitalière ou le maintien de deux hôpitaux généralistes; elle est invitée à faire siennes les thèses et les propositions de «pays ouvert», programme susceptible d'accroître son niveau de vie et d'augmenter la population de 69 000 à 80 000 habitants d'ici à 2020. Le citoyen sera par ailleurs sensible à la hiérarchisation du territoire, préconisée par le plan d'aménagement, et à l'incitation à la coopération, voire aux fusions intercommunales.

TIC 2002. Anita Rion et son service de l'éducation avaient lancé en 1997 ce qui apparaissait alors comme un ambitieux projet d'équiper les écoles et toutes les salles de classe, dès l'école enfantine, d'au moins un ordinateur connecté à Internet. Déjà très avancée, l'opération aboutira en 2002. Elle s'accompagne d'adaptations pédagogiques.