Périmés, comme les yoghourts. Commandés en surnombre l’an dernier au plus fort de l’épidémie, les vaccins contre la grippe A(H1N1) ont aussi une fin de vie. Sur 13 millions de doses achetées par Berne, près de 7 millions devraient être incinérées par la Confédération et les cantons. Sur le montant de 84 millions de francs dépensé par Berne, environ la moitié partirait en fumée, calcule Virginie Masserey, cheffe de la section «Vaccinations» de l’OFSP. Soit aux alentours de 40 millions de francs. «La protection de la population est à ce prix», note-t-elle.

Facture: 19,65 francs

Premier en Suisse, le canton de Fribourg a déjà éliminé environ 2000 doses de Celtura (Novartis) le 15 mars. «Les lots arrivent à péremption ce mois-ci», explique Laurent Medioni, pharmacien cantonal fribourgeois. Effectuée à l’usine Saidef de Posieux, l’incinération n’a coûté que 19,65 fr. à l’Etat de Fribourg, sur un total de 317 000 fr. pour l’ensemble des frais cantonaux liés à la grippe A. «Ces doses non utilisées ont été récupérées auprès des médecins», ajoute le pharmacien. Mais Fribourg a encore 35 000 doses de ce produit de Novartis au frais. Il garde environ autant de Focetria (Novartis), périmé entre août et novembre de cette année, et de Pandemrix (GSK), qui sera périmé en novembre 2011. Dans tout le pays, cela fait des millions de doses qui attendent. Elles pourraient devenir rapidement obsolètes, puisque le prochain vaccin contre la grippe saisonnière devrait contenir de quoi lutter contre la grippe A.

Pourquoi les garder? «Théoriquement, il pourrait y avoir une nouvelle vague pandémique cet été, note Virginie Masserey. Cette éventualité est faible.» Les brûler ne représente aucun risque, selon Claire-Anne Siegrist, professeure aux Hôpitaux universitaires de Genève et présidente de la Commission fédérale pour les vaccinations: «Ils ne contiennent aucune particule infectieuse, mais des protéines de la surface des virus.»