Il se prénomme Narcisse, et c'est le plus écolo des radicaux valaisans. Narcisse Crettenand donc, député au Grand Conseil, ancien candidat au Conseil des Etats et président de la commune perchée d'Isérables, est en train de constituer une liste valaisanne au Conseil national pour Ecologie libérale. Il partage d'ailleurs avec le PDC jurassien Pierre Kohler la vice-présidence du mouvement écologiste de centre droit. Une liste qui sera apparentée à celle du Parti radical dont le président, Léonard Bender, se frotte déjà les mains: «Cette démarche crédibilise notre propre souci des questions environnementales et nous rend attentifs à la nécessité d'actualiser notre programme, qui doit prendre en compte la question climatique.»

La démarche n'aurait «rien d'électoraliste. Cette liste est portée par des hommes qui ont prouvé dans leurs actes publics, leurs comportements politiques, un engagement déjà ancien pour la cause de l'environnement».

Certes, Narcisse Crettenand peut se targuer d'avoir la main verte: Isérables a été une des premières communes de Suisse à se proclamer libre d'OGM. Il a déposé une motion pour «une société valaisanne à 2000 watts» et replanté des érables sur le territoire communal. Et puis, en se chauffant aux plaquettes de bois, Narcisse Crettenand - c'est la pub d'Ecologie libérale qui le dit - «économise» 10000 kg de CO2 par an. Au point que le président des Verts, Grégoire Raboud, affirme que, si cet homme reste chez les radicaux, c'est parce qu'il y a en Valais «une génétique de la politique, qui rend difficile de changer de parti».

La démarche n'a peut-être rien d'électoraliste mais avec les Verts, les vrais, alliés au PS et Ecologie libérale accrochée à la locomotive radicale, c'est le parti majoritaire PDC qui risque d'apparaître en Valais comme le parent pauvre de la campagne en matière d'environnement. Le président des démocrates-chrétiens, Raphy Coutaz, ne s'en inquiète guère: «Le PDC au niveau national a présenté suffisamment de propositions environnementales fortes, dans lesquelles d'ailleurs Ecologie libérale ferait bien d'aller puiser.» Pour lui, l'apparentement d'Ecologie libérale avec les radicaux valaisans «tient surtout au contexte cantonal». Sous-entendu, à la personnalité de Narcisse Crettenand, qui annonce avoir encore besoin d'une à deux semaines pour boucler sa liste.