Ce samedi à Delémont, les quelque 400 membres de l'Assemblée des délégués du PDC suisse se réunissent pour modifier leurs statuts, dont la dernière révision date de 1997. Si les responsables du PDC suisse, dont le secrétaire Hildmar Gernet, affichent une confiance quasi totale quant à l'issue positive de cette séance, il faudra toutefois compter avec l'opposition des démocrates-chrétiens du Valais romand, dont René Schwery, son représentant actuel à la présidence, se fait le porte-parole.

Premièrement, il est prévu de réduire la présidence de 11 à 7 membres, avec une professionnalisation des mandats. Cette réduction aura pour conséquence d'écarter une partie du comité actuel. Resteront forcément le président Adalbert Durrer, Rosemarie Zapfl, François Lachat (vice-présidents) et Jean-Philippe Maitre (chef du groupe parlementaire). Les trois autres postes devront être occupés par un homme et deux femmes, puisqu'il devra obligatoirement y avoir trois femmes à la présidence. «Dans ces conditions, il y a de forts risques pour que le Valais, bastion du PDC sur le plan suisse, ne soit plus représenté, si ce n'est par la Haut-Valaisanne Brigitte Hauser, par le biais du groupe des femmes.» Et l'on sait que les positions de la Haut-Valaisanne ne correspondent pas, sur des points sensibles comme l'avortement par exemple, à la position du Valais romand.

Autre sujet de mécontentement, la désignation des représentants des partis affiliés au comité central. Actuellement, ce dernier est composé d'une centaine de membres, dont ceux de la présidence, les présidents des partis cantonaux, une dizaine de parlementaires, douze représentants latins et dix-huit germanophones. Les nouveaux statuts prévoient que, dorénavant, chaque parti cantonal nomme deux représentants, un homme et une femme. «Ainsi, note René Schwery, cette solution ne correspond pas à un parti de membres comme le nôtre. Le PDC du Valais romand, qui fait près de 30% des suffrages, aura deux représentants, soit le même nombre que le Parti chrétien social (PaCS) qui en fait 3%. Mais quand il s'agit de payer les cotisations, c'est le nombre de membres qui compte…»

D'une façon plus générale, ces nouveaux statuts, pour René Schwery, visent à renforcer le pouvoir du président et du secrétariat au sein du parti. Une distribution des forces qui, même si de manière latente, se ressent déjà: «Ces dernières années, au niveau de la présidence, il est arrivé souvent que certains de ses membres ne soient même pas consultés lors de prises de position. Il est vrai que nous passons certaines fois pour des «pinailleurs», mais nous demandons simplement le respect des statuts actuels, qui n'ont que trois ans, avant de penser à en établir d'autres. Le nouveau projet révèle une volonté de centraliser le pouvoir du bas vers le haut, de se couper de la base et de marginaliser les minorités linguistiques. En cas d'acceptation, j'ai le sentiment que le parti sera dirigé de façon dictatoriale par la présidence réduite et le secrétaire général.»

Majorité à trouver

Difficile de dire si René Schwery et les démocrates-chrétiens du Valais romand trouveront suffisamment d'alliés pour faire capoter le projet. Les nouveaux statuts doivent être acceptés par une majorité qualifiée des deux tiers des membres présents à l'assemblée (et non pas seulement des votants). Si cela devait être le cas, les démocrates-chrétiens du Valais romand s'interrogent déjà sur leurs futures relations avec le PDC suisse…