élections fédérales

Vague verte: comment transformer les voix en sièges

Les pronostics annoncent une forte progression des Verts aux élections fédérales. Mais cela se traduira-t-il pas une progression symétrique des sièges? Pas forcément. Il y a quelques paramètres à prendre en compte

Virtuose des chiffres, Daniel Brélaz a fait ses calculs: les Verts devraient gagner neuf sièges le 20 octobre et retrouver le niveau qui était le leur en 2007, soit 20 représentants au Conseil national. Il fournit le détail de ses estimations: le Parti écologiste devrait conquérir deux sésames à Zurich, un dans les cantons de Genève, de Vaud, du Valais, de Neuchâtel, de Berne, du Tessin, de Saint-Gall et de Zoug, total dont il faudra peut-être en déduire le mandat de la Bâloise Sibel Arslan: élue sous l’étiquette du parti de gauche Basta!, associée aux Verts, elle est menacée de ne pas être réélue.

Tous les sondages prédisent aux Verts, qui se situaient à 7,1% en 2015, le franchissement de la barre des 10% sur le plan national. Ils sont aussi ceux qui ont le plus progressé sur le plan cantonal entre 2015 et 2019: ils occupent 216 fauteuils dans les parlements cantonaux, 41 de plus qu’il y a quatre ans. Si le scénario du mathématicien Brélaz se vérifie, leur avancée se concrétiserait par un quasi-doublement de leurs mandats fédéraux. La réalité est cependant plus complexe, et les Verts préfèrent attendre le soir du 20 octobre avant de crier victoire. «Le nombre de sièges n’est jamais à 100% proportionnel au nombre de voix recueillies», prévient Georg Lutz, professeur à l’Université de Lausanne et directeur du centre de recherche FORS, qui publie les analyses Selects des élections fédérales.