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En Valais, Appel Citoyen lance sa primaire pour la Constituante

Le mouvement non partisan désigne, ces jours, par une opération digitale inédite, ses candidats pour l’élection du 25 novembre. Pour certains d’entre eux, il n’y a aucun enjeu: ils sont assurés de se retrouver sur une liste

Ils seront 96, les candidats d’Appel Citoyen, lors de l’élection de la Constituante valaisanne le 25 novembre prochain. Les sympathisants du mouvement non partisan choisissent cette fin de semaine leurs poulains de façon innovante. Une primaire digitale doit départager les 151 personnes intéressées. Mais pour une partie d’entre elles, il n’y a aucun enjeu.

Jean-François Lovey, l’ancien chef du Service cantonal de l’enseignement, était assuré d’être sur la liste du district d’Entremont, avant même que les adhérents ne se prononcent. Selon nos calculs, une vingtaine de personnes se retrouvent dans la même situation. Les quatre femmes candidates à la primaire dans le district de Conthey, les huit hommes du district de Martigny ou encore les quatre personnes âgées de plus de 65 ans dans le district de Monthey n’ont, par exemple, aucun souci à se faire.

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Des critères précis appliqués

A l’origine du mouvement Appel Citoyen, Johan Rochel se refuse pourtant à parler de primaire biaisée. Si cette situation se produit aujourd’hui, c’est que le mouvement veut que ses listes respectent la parité hommes-femmes, reflètent les catégories d’âge de la population valaisanne et garantissent la représentation des différentes communes d’un district. «Ces critères ont été choisis, en juin, par les sympathisants lors de la première phase de la primaire, explique Johan Rochel. Il n’y a donc aucun biais, même si certaines personnes sont assurées de se retrouver sur les listes.»

Reste que pour les 1905 votants, le choix est restreint. Le seul gros enjeu de cette primaire réside dans le district de Sion, où 23 hommes et 17 femmes se disputent les 18 places de la liste. Des personnalités comme Jean Zermatten, l’ancien président du Comité des droits de l’enfant de l’ONU, ou Jean Bonnard, l’ancien rédacteur en chef du Nouvelliste, ne sont aucunement assurées d’être candidates.

Un problème de diversité des candidats

Johan Rochel reconnaît que, pour les sympathisants, il aurait été préférable qu’un vrai choix soit possible dans tous les districts. Il explique que le problème réside non pas dans le nombre de candidats, mais dans leur diversité. «En ajoutant quelques personnes avec les bons profils, que ce soit au niveau du sexe, de l’âge ou de la diversité géographique, tout s’ouvrait très vite.»

Les adhérents du mouvement ont jusqu’à dimanche midi pour faire connaître leurs préférences. Une fois les suffrages connus pour chaque candidat, une méthode mise au point par une équipe d’informatique théorique de l’EPFL, et utilisée pour la première fois lors d’un scrutin politique, permettra d’y appliquer les critères définis en juin. Les listes définitives d’Appel Citoyen en vue de l’élection de la Constituante seront alors connues.

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L’exception haut-valaisanne

Le mouvement sera représenté dans les huit districts du Valais romand. Dans la partie germanophone, il n’y aura, en revanche, aucun candidat non partisan. «Ce n’est pas faute d’avoir essayé», sourit Johan Rochel. Pour lui, l’explication se trouve dans la forte emprise des partis traditionnels outre-Raspille. «Les personnes qui s’intéressent à la chose publique sont déjà toutes, ou presque, membres d’un parti.»

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