Un nouveau drame de la montagne a coûté la vie à trois personnes samedi en fin d'après-midi au-dessus de Zinal dans des conditions particulièrement tragiques. Alors qu'il avait neigé une bonne partie de la journée sur la région, un groupe de six alpinistes faisait de l'escalade de cascade de glace au lieu-dit du Plat de la Lé, à environ 1700 mètres d'altitude.

Peu après 17 heures, une coulée s'est déclenchée dans les hauts couloirs surplombant l'endroit. La neige accumulée dans la journée avait formé des congères sous l'effet du vent. Selon le directeur de l'Office du tourisme de Zinal, Gaby Vianin, ces personnes n'étaient pas accompagnées par un guide, et on ne sait pas comment elles étaient parvenues à cet endroit réputé dangereux en cas de chute de neige abondante. «C'est un lieu que nous devons régulièrement sécuriser», ajoute-t-il.

Après cette première avalanche, les membres du groupe qui ont pu se dégager eux-mêmes ont fait appel aux secours pour signaler la disparition d'une des leurs, d'origine suisse alémanique. Les secouristes du val d'Anniviers sont intervenus environ une demi-heure plus tard. Appelée à la rescousse, la Maison du Sauvetage, basée à Sion, s'est également rendue sur les lieux du drame avec un groupe de six personnes.

Hélas, alors que les recherches battaient leur plein, une seconde coulée s'est produite vers 19 h 30 et a enseveli une dizaine de sauveteurs. Deux jeunes guides de 36 et 40 ans, Nicolas Gaspoz et Edouard Gross, fils de l'ancien rédacteur en chef de La Liberté François Gross, sont restés pris sous la neige malgré tous les efforts. «C'est vraiment la fatalité, confie un proche, ces deux guides étaient des professionnels très expérimentés. Tous deux avaient des centaines d'interventions à leur actif.»

Ce drame porte un coup très dur à la Maison du Sauvetage: ces deux guides faisaient partie de la colonne vertébrale de l'organisation qui emploie cinq personnes à plein temps et sept auxiliaires. Son chef Pascal Fournier, qui a participé au sauvetage, était sous le choc dimanche: «Dès l'instant où on évolue en montagne, on est confronté à une inévitable part de risque. Malgré toutes les mesures de sécurité que nous avons prises sur place, nous n'avons pas pu échapper à cette seconde avalanche.»

Le corps d'un premier sauveteur a été retrouvé sans vie le soir même. Mais les équipes de secours ont dû interrompre leurs opérations peu avant 23 heures à cause du danger. Le deuxième corps a été retrouvé dimanche vers 12 h 30. Enfin le corps de l'alpiniste disparue a été découvert dimanche après-midi vers 15 heures.