Avec les 148 millions supplémentaires que la nouvelle péréquation financière devrait faire tomber dans son escarcelle, le canton du Valais figure évidemment parmi les gagnants de la grande redistribution des tâches cantons-Confédération rendue publique hier à Berne. De quoi réjouir les autorités valaisannes et tout spécialement le chef du Département de l'économie et des finances, Wilhelm Schnyder.

Ce dernier tient pourtant à avoir le triomphe modeste, histoire sans doute de ne pas attiser la vindicte des perdants. Qui pourraient faire valoir qu'Alfred Rey, le rondouillard et sympathique délégué aux questions financières de l'Etat du Valais, connu comme étant une des rares personnes en Suisse entendant quelque chose à la magie de l'enchevêtrement péréquationnel, a dû peser de toute sa compétence dans cette affaire: «Pas du tout, s'exclame le grand argentier, il est faux de prétendre que ce résultat est dû à l'action de la paire Schnyder-Alfred Rey. Nous avons œuvré, lui dans les commissions, moi dans l'organe directeur du groupe de travail, avec comme but la défense des cantons francophones, pauvres et montagnards. Il se trouve que le Valais cumulait ces trois critères, il est donc normal qu'il ressorte gagnant d'une opération qui ne visait qu'à corriger des injustices.»

Wilhelm Schnyder reconnaît cependant que «des modifications sont à apporter en faveur de la Genève internationale, au vu des charges nouvelles qui pèsent sur elle». Mais ne s'émeut guère par contre du sort des Vaudois, défavorisés par la nouvelle donne: «Vaud, malgré l'état actuel de ses finances, a un potentiel économique réel qui lui permettra de redresser la barre, ce qui n'est pas le cas de cantons comme le Jura ou le Valais.» Et d'ailleurs, parole de ministre, «le vainqueur du jour ce n'est pas le Valais, c'est le fédéralisme.» L.N.