Le président du Conseil national Stéphane Rossini, le président du PDC suisse Christophe Darbellay et le vice-président de l’UDC suisse Oskar Freysinger quittent tous Berne avec un curriculum vitae bien rempli, et la perspective de gouverner le canton ensemble dans deux ans. La campagne pour leur succession a été vive, révélant les conflits internes de partis qui n’avaient jamais dépensé autant d’argent et d’énergie dans la campagne. Dans certaines villes, la participation approchait déjà les 50% mercredi dernier. Sur dix places à prendre, au moins cinq seront occupées par des néophytes.

Une dure bataille à droite

Les appétits de la droite sont féroces. Le PLR et l’UDC visent tous les deux un second siège au Conseil national. L’élection de ce dimanche déterminera la force réelle de la base électorale de l’UDC, en progression constante depuis son apparition, mais orpheline pour la première fois de son fondateur, Oskar Freysinger. Ce dernier a choisi son successeur. Il soutient la candidature du Haut-Valaisan Franz Ruppen. Dans le Bas-Valais, Jérôme Desmeules et Grégory Logean, entre autres, espèrent l’accompagner à Berne.

Ejectés du gouvernement valaisan il y a deux ans, les libéraux-radicaux espèrent que les électeurs récompenseront la parole libérée de leur politique d’opposition. Pour conquérir un second siège qui leur a déjà appartenu par le passé, ils ont exceptionnellement permis à Jean-René Germanier de briguer un quatrième mandat. A ses côtés, le très médiatisé Philippe Nantermod croit lui aussi à ses chances.

La gauche sous pression

Si le Valais bénéficie pour la première fois d’une huitième place sous la Coupole grâce à sa progression démographique, c’est aussi le deuxième siège de la gauche que visent les partis de droite. Il a toujours été volatil. Obtenu pour quelques centaines de suffrages en 2011 par le socialiste Mathias Reynard, il est défendu par une coalition qui réunit aussi les Verts et le Centre gauche, et qui souffrira de l’absence de Stéphane Rossini. Gaël Bourgeois et Olivier Salamin ne cachent pas leurs ambitions.

La fin de l’érosion pour le PDC?

Sans son président national, Christophe Darbellay, le PDC, lui, espère freiner une érosion sans fin. Au parlement, le plus grand parti du canton ambitionne de récupérer son quatrième siège, perdu en 2011. Dans le Bas-Valais, Géraldine Marchand Balet et David Théoduloz sont en concurrence pour accompagner les sortants Yannick Buttet et Viola Amherd au parlement. Dans le Haut-Valais, Roberto Schmidt espère reconquérir le siège qui lui avait échappé de peu il y a quatre ans.

Au Conseil des Etats, le PDC défend son monopole historique, que les trois autres grandes familles politiques espèrent toutes briser pour la première fois. Si Jean-René Fournier devrait conserver sans problème le fauteuil francophone, son colisitier germanophone Beat Rieder est attaqué par trois dinosaures du Haut-Valais, l’ancien conseiller national Thomas Burgener, le président de Provins Pierre-Alain Grichting et l’UDC Franz Ruppen. A eux quatre, ils ont investi près d’un demi-million de francs dans cette campagne. Les scores d’aujourd’hui détermineront le jeu des alliances au second tour.