Vincent Pellissier est quelque peu dépité. Le chef du Service valaisan de la mobilité a dû mettre en place, ce mercredi, une procédure spéciale supplémentaire liée à la crise du Covid-19. Elle concerne les masques usagés, que ses collaborateurs retrouvent en nombre de plus en plus important au bord des routes, depuis que le port de ces derniers se démocratise.

«Le constat est limpide. Il existe une corrélation entre le nombre de masques portés et le nombre de masques retrouvés dans la nature. Comme pour tout, plus la population est grande, plus les incivilités le sont également», appuie l’ingénieur cantonal, qui cite notamment la région du Chablais, puisque dans le canton de Vaud limitrophe, le port du masque est obligatoire dans les magasins.

«Nous n’avons pas systématiquement des poubelles le long des routes. Nous en mettons sur les aires de repos, par exemple. Une minorité de personnes jettent donc leur masque par la fenêtre de leur voiture, comme elles le font avec leurs papiers ou leurs gobelets», souligne Vincent Pellissier.

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30 à 50 masques par jour

Sur l’ensemble du canton, les employés du Service cantonal de la mobilité ramassent entre 30 et 50 masques usagés par jour. Si Vincent Pellissier estime que ce nombre n’est pas trop élevé, il fait remarquer qu’il engendre des problèmes d’élimination en raison de la nature spéciale de ce déchet. Pour chaque cas, les collaborateurs du service se retrouvent potentiellement face à un masque infecté. D’où la note interne d’un peu plus d’une page envoyée mercredi à l’ensemble du personnel pour lui détailler la marche à suivre s’il doit faire face à cette situation.

Les règles, extrêmement détaillées, sont au nombre de treize. La première consiste pour l’employé, à «procéder à l’hygiène des mains». Le ramassage du masque usagé doit se faire, dans l’idéal, à l’aide d’une «pince ramasse-déchets» ou alors en utilisant des «gants en nitrile». Le masque, tout comme les gants utilisés pour son ramassage – trois illustrations expliquent comment les enlever correctement –, doit ensuite être déposé dans un sac poubelle, qui doit être éliminé «le plus rapidement possible même s’il n’est pas totalement rempli».

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«Un coût supporté par l’ensemble de la société»

Si Vincent Pellissier précise que le ramassage des masques n’est pas ce qui préoccupe son service au quotidien – aujourd’hui ce sont plutôt les coulées de boue dues aux orages estivaux –, c’est tout de même une tâche en plus à réaliser pour ses collaborateurs. «C’est dommage de devoir mettre en place une procédure supplémentaire, qui a un coût supporté par l’ensemble de la société, en raison du comportement de quelques individus», grogne Vincent Pellissier, qui en appelle donc au civisme de la population pour jeter les masques usagés dans des poubelles.