Le Valais a réuni plus de 6000 signatures en trois semaines en faveur du référendum contre la loi sur l’aménagement du territoire (LAT). La section valaisanne de l’USAM espère que le référendum connaisse autant de succès dans les autres cantons.

Président de l’Union valaisanne des arts et métiers (UVAM), le conseiller aux Etats Jean-René Fournier (PDC) s’est voulu optimiste jeudi lors d’une conférence de presse à Sion. Il estime qu’une certaine prise de conscience de la situation va se faire jour dans d’autres cantons.

Le Valais est particulièrement touché par la révision de la LAT car le taux de propriétaires y est plus élevé qu’en moyenne suisse. Mais c’est en grande partie le développement du canton qui explique cette situation, davantage qu’une volonté politique, estime Jean-René Fournier.

La terre en patrimoine

En Valais, plus de 80% de la population est propriétaire de terre et 60% du logement. La propriété foncière est le patrimoine transmis à la descendance, explique M. Fournier. Et cette transmission se fait sur une ou deux générations.

En limitant à 15 ans les réserves de zone à bâtir, la LAT touche particulièrement le Valais. Les réserves de zone à bâtir ne sont pas la conséquence d’une politique exagérée, mais surtout de la transmission du patrimoine qui se gère en termes de générations, estime Jean-René Fournier.

Outre le fait qu’elle viole la souveraineté cantonale, la LAT se trompe de cible, déclare M. Fournier. En permettant d’avoir une réserve de 15 ans de zone à bâtir, elle autorise de fait la poursuite de la construction et du mitage du territoire sur le plateau Suisse où les agglomérations pourront continuer à se développer.

Le gel de la zone à bâtir durant 20 ans, comme proposé par l’initiative, serait plus efficace contre le mitage du territoire. De surcroît, les meilleures terres agricoles, que Pro Natura souhaite aussi protéger avec son initiative, se situent sur le plateau et non dans les Alpes, explique Jean-René Fournier.

Périphérie incomprise

Jean-René Fournier ne cache pas qu’un gros travail d’information est encore à faire. Mais avec cette nouvelle loi et après l’acceptation de l’initiative Weber il a le sentiment que les régions périphériques sont de plus en plus incomprises et risquent de devenir des exclues.

«J’ai le désagréable sentiment que depuis le vote sur l’initiative Weber le Valais n’est plus aussi suisse qu’auparavant», a-t-il déclaré. Mais il s’est dit confiant pour le référendum qui devrait aboutir, même si la période de vacances n’est pas idéale pour récolter des signatures.

Mais les cantons périphériques ou alpins ne sont pas les seuls touchés. Si la loi obligerait le Valais à dézoner 87% de sa zone à bâtir, cette proportion est de 79% dans le Jura, 73% au Tessin et dans les Grisons, 69% à Soleure, 65% à Schaffhouse, 64% à Fribourg ou encore 63% en Thurgovie.

La récolte de signature en Suisse a débuté plus tard qu’en Valais. Quelques milliers de signatures ont été réunies au niveau national pour le moment, un nombre qui n’est pas encore significatif. Le référendum doit être déposé à la chancellerie fédérale pour le 4 octobre au plus tard. S’il aboutit, une votation pourrait avoir lieu au premier semestre 2013.