S’il est plus que connu à Genève, Eric Stauffer est également en train de se faire un nom en Valais, son canton d’adoption depuis 2018. Après sa tentative infructueuse, en 2019, d’intégrer le PDC du Valais romand dans l’idée de se présenter aux élections fédérales, et après avoir joué, en ce début d’année, les ambassadeurs du Valais pour attirer la société chocolatière Cocoa Valley, l’ex-trublion de la politique genevoise entre désormais en guerre contre les autorités de sa commune, Arbaz. Il a déposé une plainte administrative auprès du gouvernement cantonal contre l’exécutif communal et son président, Jean-Michel Bonvin.

«Je demande au Conseil d’Etat qu’il vienne mettre de l’ordre dans l’administration communale d’Arbaz», lance Eric Stauffer sur les ondes de Rhône FM. En cause, une accumulation de bisbilles. Tout d’abord la révocation d’une autorisation de construire. Ensuite, un conflit de personne avec le président de commune, qui n’est autre que son voisin qui avait fait opposition à l’une de ses constructions. Enfin, ce qui fait définitivement sortir le Genevois de ses gonds, c’est un problème d’aménagement du territoire, lié aux bocages, ces bandes végétales qui quadrillent la zone à bâtir. Le Nouvelliste rappelle qu’en février dernier, «Arbaz a mis sous protection les bosquets, les haies et les arbres isolés présents sur le territoire (…) En protégeant ces 13 hectares de nature, la commune préserve autant de surfaces constructibles qu’elle aurait dû sinon dézoner, selon la LAT.»

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«Une grave atteinte à la propriété privée»

L’ancien leader du Mouvement citoyen genevois (MCG) est directement impacté par cette décision. Il devra en effet replanter des arbres qu’il a fait couper avant que la commune ne décide de la mise sous protection, cette mesure ayant un effet rétroactif dès 2017. Pour l’ex-tribun, cette décision est une «nationalisation du terrain et une grave atteinte à la propriété privée». Il estime que si les bocages sont soustraits de la surface de la parcelle, cette dernière perd de la valeur, puisque la surface constructible diminue.

S’il est le seul à avoir fait recours contre cette décision, Eric Stauffer considère que tous les citoyens de la commune, ou presque, sont impactés par ce dossier, qui, selon lui, ne contient aucun élément tangible. «Les gens n’ont pas conscience qu’ils sont concernés et ils n’ont pas compris les conséquences. Or, cette mesure digne d’un régime communiste touche 80% à 90% des habitants de la commune», relève-t-il dans les colonnes du quotidien valaisan. Pour lui, ajoutait-il sur Rhône FM, la commune est tout simplement «en train de détruire la valeur des propriétaires fonciers».

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Un recours, mais de nombreuses louanges

Le président de la commune, Jean-Michel Bonvin, s’inscrit en faux contre ces critiques. Il rappelle que la décision a été prise par l’exécutif communal à l’unanimité et assure n’avoir reçu que des louanges, hormis donc le recours d’Eric Stauffer. «Notre volonté est de remonter l’indice d’utilisation du sol afin de conserver des possibilités de construire identiques, partout où c’est possible», appuie-t-il dans Le Nouvelliste, précisant attendre le nouveau règlement des constructions et le plan d’affectation des zones avant de pouvoir fournir un plan plus détaillé des bocages.

L’autorité de surveillance des communes devra donc trancher. Et peut-être se demander si finalement, la bisbille est bien plus simple que ce qu’elle n’y paraît? Car Eric Stauffer avoue au quotidien valaisan qu’il ne veut pas d’un «souk» sur sa parcelle. Chez lui, «la nature doit être maîtrisée». Et Jean-Michel Bonvin de répondre qu’Eric Stauffer «essaie d’amener à Arbaz une vision genevoise ou plutôt urbaine du paysage», et que ce dernier semble oublier que «la biodiversité ne se maîtrise pas».