Privée par l'Etat du Valais d'une autorisation d'exploiter un foyer, la Fondation Rives-du-Rhône rebondit: elle mise sur l'ambulatoire et des séjours pour soigner les addictions sur la base d'un concept thérapeutique qu'elle défend depuis plus de 30 ans.

Les Rives-du-Rhône «ne sont pas à terre», même si leur requête d'exploiter un foyer à Lens (VS) leur a été refusée par l'Etat du Valais en mai 2019, après plus d'une année d'attente. «Nous nous adaptons à cette nouvelle situation», a indiqué jeudi matin à la presse Xavier Lavanchy président de la Fondation Rives-du-Rhône.

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Désormais, la fondation qui prend en charge des personnes souffrant d'addictions, mise sur l'accompagnement en ambulatoire et personnalisé, l'accompagnement socio-éducatif à domicile et, sa marque de fabrique, les séjours de santé et de rupture dans le désert et à la montagne.

Le tout en se basant sur un concept thérapeutique qu'elle défend depuis 38 ans et qui se caractérise notamment par «la recherche du sens de la vie, en visant l'abstinence, si possible».

Trois chargés de mission

Les dernières années ont été houleuses pour la Fondation Rives-du-Rhône. Elle a divorcé d'Addiction Valais fin 2017 et ouvert début 2018 un nouveau foyer. Mais sans autorisation d'exploiter de l'Etat du Valais, qui estime que l'offre actuelle en matière de prise en charge des addictions est largement suffisante dans le canton, elle a dû licencier son personnel, soit douze personnes. «Toutes, sauf une partie à la retraite, ont retrouvé du travail», a précisé Xavier Lavanchy.

Actuellement, la fondation Rives-du-Rhône compte trois chargés de mission qui prennent en main les nouvelles prestations proposées. «Depuis 2018, nous avons 80 dossiers ouverts et avons quotidiennement des demandes», assure Xavier Roduit, l'un des chargés de mission.

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Les Rives-du-Rhône sont devenues une structure privée. Ce qui n'est pas sans conséquence financière pour les patients valaisans qui ne bénéficient en principe plus de subventions, indiquent les responsables de la fondation.

«La porte pourrait s'entrouvrir»

Si une prise en charge en foyer est nécessaire, la fondation Rives-du-Rhône renvoie les patients vers Addiction Valais. «Nous ne sommes pas du tout en guerre avec la nouvelle équipe d'Addiction Valais», insiste Xavier Lavanchy.

Pour mémoire, la Fondation Addiction Valais assume pour le compte de l'Etat du Valais le mandat de prise en charge ambulatoire et résidentielle des personnes souffrant d'addictions pour l'ensemble du canton. Après une crise et un audit qui a montré début 2018 des non-conformités, également aux foyers Rives-du-Rhône, Addiction Valais a renouvelé son conseil de fondation et sa direction.

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La Fondation Rives-du-Rhône espère un jour pouvoir à nouveau exploiter un foyer. «Aujourd'hui, la porte est clairement fermée, mais si le paysage politique change, elle pourrait peut-être s'entrouvrir», note Xavier Lavanchy.