«Beaucoup de nos membres sont attirés par la position du PDC suisse. Elle est extrêmement choquante. Une mère doit pouvoir choisir: soit elle élève son enfant, soit elle le tue. On se comporte avec la vie humaine comme avec celles des cabris.». Cette réflexion plutôt abrupte a eu lieu mercredi soir passé lors du congrès du Parti démocrate-chrétien du Valais romand (PDC VR) qui présentait son programme. Une réflexion venue d'un anonyme, mais qui reflète une méfiance réelle de la base devant le repositionnement centriste et pro-européen du parti. Les démocrates-chrétiens valaisans en se donnant de nouvelles structures et sous la présidence du sierrois Eddy Duc, ont choisi de s'aligner en effet sur les positions du PDC suisse.

Un ni oui ni non bien senti

Changement de structures, le PDC est devenu un parti de membres comme les autres, en supprimant l'antique système des délégués – changement d'idées: la principale résistance est venue du district d'Entremont, la seule des huit régions électorales du Valais romand à avoir refusé d'entériner officiellement le nouvel organigramme cantonal. Un district qui, en la personne de Maurice Tornay, possède une locomotive très présente au Grand Conseil, mais aussi probablement au niveau fédéral. Déjà candidat il y a quatre ans, Maurice Tornay se présentera quasiment à coup sûr cet automne pour briguer, en situation parfaitement éligible, un siège au Conseil national. Comment cet homme, réputé conservateur et représentatif de la sensibilité «Entremont», a-t-il apprécié les positions très molles adoptées mercredi soir par le congrès et qui se résumait, en matière d'Europe et d'avortement à un ni oui ni non bien senti? «A propos de l'avortement le sentiment général qui régnait était que c'était mieux que la position du PDC suisse. Parce qu'on est passé du stade dogmatique au stade concret. Il faut aller au-delà des grands principes, au-delà du pur juridisme. En nous déclarant partisans de «la protection de la vie, de la conception à la mort naturelle» on signifie aussi notre attachement à toutes les mesures possibles de soutien à la femme enceinte»

Quant à la dissidence de l'Entremont par rapport aux nouvelles structures du parti, Maurice Tornay la minimise, sans la jeter aux orties: «Peu importe finalement l'appellation, délégués ou membres. Le PDC d'Entremont a décidé de garder son autonomie tout en désignant six représentants au sein du parti cantonal.» Sur le domaine de l'Europe «on a été encore plus timide, le texte proposé étant in extenso celui du PDC suisse. Mais je me suis retrouvé dans la position exprimée par le conseiller d'Etat Jean-René Fournier, à savoir ni europhile béat, ni eurosceptique crispé, mais euroconcret.»

Pourtant un soupçon de malaise et un doigt de méfiance subsistent: «Ce qui nous gêne dans ce PDC nouveau, explique Maurice Tornay, c'est le renoncement à l'unité. L'Entremont est très attaché à cette idée. Chez nous si un chrétien-social ou un membre du mouvement chrétien conservateur veut être candidat, on le met sur notre liste. Les listes séparées et les apparentements cela n'existe pas au niveau communal ni au niveau du district. La seule élection au Conseil national ne justifie pas qu'on sacrifie les ailes gauche et droite du parti. En Entremont, nous nous accommodons très bien d'avoir comme président de la grande commune de Bagne un chrétien-social, et comme préfet le conservateur René Berthod.»

Conservateur chrétien-social

Mieux, dans ce PDC ratissant large, très large, Maurice Tornay voit même la possibilité de bâtir un programme: «Je me définis moi-même comme un conservateur chrétien-social. Conservateur quant aux idées, mais chrétien-social face à la situation de l'homme dans la société d'aujourd'hui, en bute aux excès de la mondialisation.»