Faune

En Valais, le nombre de victimes du loup chute drastiquement 

Les mesures pour une meilleure protection des troupeaux ont, semble-t-il, porté leurs fruits: le grand prédateur a croqué 46 animaux de rente entre le 1er janvier et le 31 octobre 2017, contre 217 en 2016

Le loup a tué 46 animaux de rente en Valais entre le 1er janvier et le 31 octobre 2017. C'est beaucoup moins qu'en 2016, quand le grand prédateur avait fait 217 victimes pour l'ensemble de l'année, soit la moitié des cas enregistrés en Suisse (437).

Le loup a tué 34 moutons dans le Haut-Valais et 12 dans le Valais central. Les attaques ont eu lieu sur des alpages durant la période d'estivage, a indiqué le service valaisan de la chasse, de la pêche et de la faune (SCPF) dans un bilan diffusé vendredi.

Sur les 46 animaux de rente tués, 10 bénéficiaient d'une protection répondant aux normes cantonales et fédérales et huit se trouvaient sur des alpages sans protection. Les 28 bêtes restantes ont été tuées sur des alpages en pâturage libre.

Selon la base de données fédérale, 175 bêtes ont été tuées entre le début de l'année et le 24 novembre en Suisse, a indiqué Fridolin Zimmermann de l'Association pour l'écologie des carnivores et la gestion de la faune sauvage (KORA). Le canton des Grisons est le plus touché en 2017, avec 88 cas.

Berne, Obwald et St-Gall comptent chacun 11 moutons tués pour l'instant. Et Fribourg seulement un, contre 21 en 2016. Mais, précise Fridolin Zimmermann, les cantons n'ont pas encore saisi tous les cas dans la base de données.

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La protection porte ses fruits

Le nombre de moutons tués est en très fort recul par rapport à 2016 où l'on a recensé 217 animaux de rente croqués par le loup. «Cela s'explique probablement en partie par les mesures de protection des troupeaux mises en place», a indiqué à l'ats Peter Scheibler, chef du service valaisan de la chasse, de la pêche et de la faune.

Sur certains alpages haut-valaisans difficiles, voire impossibles à protéger, les éleveurs ont même renoncé à faire pâturer leurs bêtes. La présence d'une meute, qui se comporte différemment des individus solitaires, pourrait aussi expliquer le recul constaté.

Certains loups font plus de victimes que d'autres, ajoute Fridolin Zimmermann. Et de préciser que la somme des «dégâts» n'est pas en relation avec le nombre de loups. Ce dernier augmente constamment, alors que celui des moutons tués oscille d'année en année.

Pas de tir de régulation

Les conditions pour un tir de régulation ne sont pas remplies, ni dans la région de l'Augstbord, dans le Haut-Valais, ni dans le Valais central. Il faut au moins quinze animaux de rente tués dans un délai de trois mois pour que soit autorisée la régulation consistant à réduire la moitié de la relève, afin d'éviter la progression d'une meute et les dégâts subis par les éleveurs.

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Le montant total des indemnisations versées par l'Etat aux éleveurs ayant perdu des bêtes en 2017 s'élève à 28 700 francs environ, soit 22 300 pour le Haut-Valais et 6400 francs pour le Valais central. Les collaborateurs chargés de relever les dommages et d'assurer l'indemnisation des éleveurs ont investi environ 200 heures dans leur tâche, précise encore le SCPF.

Les mesures pour une meilleure protection des troupeaux ont, semble-t-il, porté leurs fruits. Le service cantonal de l'agriculture en collaboration avec la section valaisanne de l'organisation nationale pour la protection des troupeaux (Herdenschutz) a dispensé conseils, porté assistance et mis à disposition du matériel de protection le cas échéant.

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