Les premières ont pointé le bout de leur nez début avril. Depuis, la saison des asperges blanches bat son plein en Valais, alors que celle des vertes vient de débuter. Cette année, pandémie de Covid-19 oblige, les producteurs ont perdu un canal de distribution: la restauration. Pourtant, la fermeture de ces établissements, qui proposent à l’accoutumée de nombreuses spécialités à base du légume star du printemps, ne joue pas les trouble-fêtes. Pour le moment.

«Plus que les autres légumes, l’asperge est très liée à la restauration. Nous avons donc anticipé la chose, pour ne pas être surpris», souligne Olivier Borgeat, le secrétaire général de l’Interprofession des fruits et légumes du Valais (IFELV). Pour répondre à la question «Où vendre les volumes qui ne sont pas écoulés dans les restaurants?», l’IFELV a opté pour deux solutions: la vente directe et le commerce de détail.

Cinq cents tonnes par année

De nouvelles collaborations ont notamment vu le jour, avec des enseignes de quartier, mais également de grands distributeurs. De quoi prétériter les restaurateurs dans les années qui viennent? «Pas du tout, rétorque Olivier Borgeat. Si la demande devait augmenter ces prochaines années, il nous suffira d’augmenter les volumes de production.» Les 44 asparagiculteurs valaisans fournissent quelque 500 tonnes par année, soit près de 15% de la production suisse.

«Il n’y a pas moins de consommateurs d’asperges à cause du coronavirus, mais ces derniers doivent prendre conscience qu’ils peuvent en consommer à la maison en lieu et place des restaurants», insiste Olivier Borgeat. Pour faire passer ce message, la communication a été renforcée, en collaboration avec Valais/Wallis Promotion. Sur la page d’accueil du site de l’organe de promotion du canton, l’asperge a une place de choix, en tête du site. «Nous pouvons investir un peu plus que d’habitude pour inciter les gens à consommer local, étant donné qu’il y a d’autres domaines où nous n’investissons plus en raison de la crise», appuie Damian Constantin, le directeur de Valais/Wallis Promotion.

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«Les gens jouent le jeu»

Et la stratégie mise en place marche. Les asperges s’arrachent comme des petits pains, au point que certains consommateurs doivent se rendre chez plusieurs producteurs avant d’en obtenir. «En milieu, voire en fin de matinée, chez certains producteurs, vous pouvez vous retrouver devant des étals vides», se réjouit Olivier Borgeat. L’asperge ne connaît pas la crise. «Les gens jouent le jeu des produits de proximité», reconnaît Frédéric Vouillamoz, producteur à Saxon. Les ventes qu’il réalise directement sur son domaine compensent les livraisons qui ne sont pas effectuées dans les restaurants.

Les producteurs d’asperges ne sont donc pas impactés par la pandémie de coronavirus. «Pour le moment», reprend Olivier Borgeat. Si le secrétaire général de l’IFELV se montre quelque peu prudent, c’est qu’il sait que la situation pourrait évoluer. «Les volumes sur le marché vont augmenter au fil des semaines alors que la consommation, elle, a tendance à diminuer», détaille-t-il. De quoi redoubler d’efforts pour que la totalité de la production finisse dans les assiettes des consommateurs.