C’est un record. Cette année, 36% des candidats au Grand Conseil valaisan (32% à la députation et 40% à la suppléance) sont des candidates. Ce chiffre, bien supérieur aux 19% de femmes qui siègent actuellement au parlement cantonal en tant que députées, laisse entrevoir une réalité paradoxale. Alors que l’on se dirige vers un gouvernement entièrement masculin, l’assemblée législative devrait être plus violette lors de la prochaine législature. Et cela devrait la rendre moins conservatrice.

En collaboration avec Smartvote, Le Temps a décidé d’analyser les réponses des candidats à plusieurs thèmes importants pour le canton, comme la séparation entre l’Eglise et l’Etat, l’égalité femme-homme, le climat, l’environnement ou encore la gestion de la pandémie que nous traversons depuis une année. En tout, nous avons sélectionné huit questions liées à ces thématiques. Et le constat est clair. Dans l’ensemble, les femmes sont plus progressistes que les hommes.

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Hommes et femmes à l’opposé

Deux questions matérialisent cette réalité plus fortement que les autres. Les hommes et les femmes votent à l’opposé en ce qui concerne le droit de vote des étrangers au niveau communal et la séparation complète entre l’Eglise et l’Etat. Sur le premier sujet, plus de 27 points séparent les réponses des hommes (39,7% de oui) et des femmes (67,1%). Il s’agit de la différence la plus marquée entre les deux sexes. Sur le second, l’écart est de près de 17 points, avec près de 48% d’avis positif pour les hommes et plus de 61% pour les femmes.

Cette réalité n’étonne pas Isabelle Darbellay, la cheffe de l’Office valaisan de l’égalité et de la famille. «De manière générale, les femmes ont des positions plus progressistes que les hommes. On constate souvent qu’elles votent plus à gauche et amènent un certain renouveau en politique», indique-t-elle.

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Des différences plus marquées à droite

Une autre tendance ressort de l’analyse de ces questions: les différences entre les hommes et les femmes sont plus marquées au sein des partis du centre et de la droite qu’à gauche. On remarque, notamment, que les femmes UDC sont bien plus soucieuses du climat et de l’environnement que leurs homologues masculins. Au sein du PDC, cette tendance se fait sentir sur la quasi-totalité des questions, mais elle est particulièrement marquée en ce qui concerne celles de genre que sont le renforcement des contrôles liés à l’égalité salariale entre femmes et hommes ou encore celui des mesures de lutte contre le harcèlement sexuel.

Sur ces derniers points l’effet de genre peut jouer un rôle. «Cet effet se remarque souvent sur les questions de genre, qui sont plus une priorité pour les femmes que pour les hommes», souligne Isabelle Darbellay. Elle ajoute: «Les femmes sont également, de manière générale, plus attentives aux thématiques du climat et de l’environnement. Dans les partis de droite, les voix dissonantes en faveur de l’écologie sont féminines.»

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Vers une hausse modérée du nombre d’élues

Le prochain parlement valaisan pourrait donc être plus progressiste. Mais Isabelle Darbellay prévient qu’une hausse des candidatures féminines n’engendre pas une augmentation similaire du nombre d’élues. Il y a quatre ans, la gent féminine représentait 27% des candidatures, contre 36% cette année. Pourtant la hausse du nombre d’élues ne devrait pas atteindre ces neuf points, si l’on en croit les projections de la cheffe d’office. «Le nombre d’élues devrait augmenter de 3 ou 4 points pour atteindre 22 ou 23%. On ne va pas ressentir un impact aussi fort que lors des dernières élections communales, l’automne passé.» Réponse ce dimanche en milieu de soirée.