Déchets

Le Valais romand s'est mis aux sacs à poubelle taxés

Le Valais romand applique lui aussi le principe du pollueur-payeur depuis le 1er janvier. Les sacs à poubelles sont désormais taxés. Ce système remplace la taxe forfaitaire d'élimination des ordures

Les Valaisans ont apparemment bien assimilé le changement. Pour preuve, selon Le Nouvelliste en ligne de lundi, des ruptures de stock de sac à poubelles, notamment les sacs blancs de 35 litres, les plus utilisés, ont été signalés par des citoyens et des élus communaux sur le Haut-Plateau (Crans-Montana), dans le Val d'Hérens et une partie du Chablais.

Le Valais romand s'est mis aux sacs-poubelles taxés, un principe existant déjà dans quasiment toute la Suisse, hormis Genève, seul canton désormais à n'avoir pas opté pour ce système. La grande majorité des 61 communes de la partie francophone du Valais ont donc modifié leur règlement communal pour interdire désormais les sacs à poubelles noirs. Dans la partie alémanique du canton, le principe du pollueur-payeur existe depuis plusieurs années déjà.

Exception: Monthey

Monthey fait figure d'exception. Fin novembre, l'électorat communal a rejeté à 69% l'introduction de sacs-poubelles taxés. Mais la commune devra obligatoirement passer au système du pollueur-payeur et renoncer à une taxe forfaitaire d'élimination des ordures. L'exécutif n'aura d'autre choix que de remettre l'ouvrage sur le métier. D'ici là, les autorités craignent un certain tourisme des ordures.

Les habitants de Vétroz seront soumis à un autre régime. Le législatif communal a préféré le principe de la taxe au poids à celui de la taxe au sac. Les conteneurs seront donc équipés de balances.

Les usagers n'auront guère d'autre choix que de se plier aux nouvelles règles. Les communes ont déjà annoncé vouloir surveiller les comportements. Certaines veulent même installer des caméras. Et les contrevenants pincés risquent de devoir mettre la main au porte-monnaie: l'amende peut atteindre 10'000 francs.

Lausanne tire un bilan «très positif» après cinq ans de taxe au sac

Lausanne a introduit la taxe au sac en janvier 2013. Cinq ans plus tard, le service de propreté urbaine affirme en tirer un bilan «extrêmement positif». Plus de 42'700 tonnes de déchets incinérables en 2012 , 24'800 en 2013 et 28'000 en 2016: Depuis l'introduction des sacs taxés le 1er janvier 2013, la masse de ces ordures a fondu comme neige au soleil dans la capitale vaudoise. Et la fréquentation des déchetteries a fortement augmenté. En 2012, la ville recensait 95'000 passages par an dans les déchetteries fixes. En 2016, 237'000 passages ont été enregistrés.

«L'effet de la taxe au sac est flagrant», estime Stéphane Beaudinot, chef du service de propreté urbaine, interrogé par l'ATS. Et si le volume des déchets incinérables remonte légèrement depuis deux ans, il l'explique par la croissance démographique et parce que les campagnes de sensibilisation datent un peu. «On remarque un léger relâchement, mais nous allons bientôt lancer une nouvelle campagne».

Une poignée d'irréductibles

L'introduction de ces sacs vert et blanc, dont le prix s'élève aujourd'hui à 1,95 franc pour un 35 litres, avait soulevé son lot d'oppositions. «Mais nous avons résorbé la problématique», estime le «Monsieur Propre» de la capitale vaudoise. Reste cependant une poignée d'irréductibles. «Une partie infime de la population, entre 3 et 5%, ne joue pas le jeu», reconnaît Stéphane Beaudinot. Ces personnes abandonnent par exemple leur sac non taxé sur le domaine public, d'autres déposent des objets non conformes dans les lieux de collecte des déchets. 

Se faire pincer peut coûter cher: entre l'amende, les frais d'émoluments, d'enquête et de ramassage, la facture revient à 400 francs «au minimum», précise Stéphane Beaudinot. «En 2017, nous avons déposé 230 dénonciations auprès de la Commission de police et 70 avertissements».

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