Les réseaux valaisans permettent de vérifier quotidiennement la loi de Godwin: plus dure une conversation en ligne, plus la probabilité d’y trouver une comparaison avec Adolf Hitler augmente. Depuis deux mois, la campagne électorale fait rage pour renouveler les parlements et gouvernements du canton. En ligne, qu’ils se situent très à droite ou très à gauche, militants et parfois même élus se traitent mutuellement de «nazis».

A propos de la campagne: En Valais, l’UDC vampirise le PDC

Visé par un mouvement qui a réuni près de 40 000 francs pour distribuer des dépliants qui énumèrent «les lignes rouges franchies par le conseiller d’Etat», Oskar Freysinger suscite des colères coriaces. Un millier de Valaisans se sont rassemblés pour manifester contre lui ce samedi à Sion. Sur les affiches qui vantent sa liste, le ministre UDC se trouve parfois affublé d’une petite moustache et d’une croix gammée. Sur au moins trois d’entre elles, ses détracteurs ont appliqué des lettres imprimées: «Votez fasciste».

Ces derniers jours, le candidat socialiste Stéphane Rossini a fait remarquer que plusieurs de ses visuels de campagne ont été lacérés, quand ils n’ont pas simplement disparu. Désormais, ses détracteurs ajoutent des panneaux imprimés sur ses affiches: «J’ai voté pour Weber, j’ai voté pour la LAT, maintenant merci de voter pour moi.» Partagées sur les réseaux, les photos de ces diverses déprédations suscitent d’interminables débats qui tournent rapidement aux insultes et aux injures. Les deux camps en profitent pour accuser leurs adversaires de vandalisme.

Le cas Entremont

Une campagne pour l’élection au parlement se déroule simultanément. Près du village d’Orsières, les affiches de la formation «Entremont Autrement» ne semblent pas les bienvenues. Plusieurs fois volées ou détruites par leurs adversaires, elles réapparaissent chaque fois avec des slogans humoristiques, comme «on se l’arrache» ou «on ne bâchera pas». En novembre dernier, le petit parti de gauche est entré dans plusieurs exécutifs de la vallée. Sur les réseaux, ses militants soupirent: «Puissions-nous débattre plutôt de l’avenir de notre beau district et des projets novateurs qui y naissent!»