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Le projet Eurotube
© Eurotube

Transports

Le Valais se rêve en concurrent d’Elon Musk

Un banc d’essai de transport sous vide à ultra haute vitesse devrait voir le jour dans le Chablais valaisan. Le projet Eurotube a été présenté pour la première fois lundi

Les attentes étaient grandes autour du projet Eurotube, mais les concepteurs étaient restés très discrets, jusqu’à lundi soir. Pour la première fois, ils ont présenté en public, devant le Conseil général de Collombey-Muraz, leur infrastructure d’essai pour le transport sous vide à ultra haute vitesse.

Durant plus d’une demi-heure, Doré de Morsier et Gerard Güell, deux cofondateurs du projet, ont développé les détails de leur centre de recherche et de développement en la matière, qu’ils comptent implanter dans le Chablais valaisan. Il est basé sur l’Hyperloop, le concept de train futuriste d’Elon Musk. Le patron de la firme spatiale SpaceX a imaginé des capsules se déplaçant dans un tube sous vide, éliminant ainsi toute résistance à l’air et permettant, théoriquement, d’atteindre des vitesses avoisinant 1000 km/h. Pour l’heure, le record est de 323 km/h, réalisé l’an passé en Californie, dans un tube long de 1,6 kilomètre.

Un tube en béton

Les concepteurs d’Eurotube veulent, eux, construire un banc d’essai deux fois plus long. Leur tube, d’une longueur de 3 kilomètres et d’un diamètre de 2 mètres, longera les rails de chemin de fer entre la zone industrielle de Collombey-Muraz et la gare de Vionnaz, idéalement à une hauteur de 50 centimètres. Autre spécificité, le tube sera construit en béton, contrairement à celui de l’Hyperloop, fait d’acier. En partenariat avec l’EPFL, les concepteurs du projet ont mis au point un prototype de béton, baptisé AlphaShell, qui offre notamment «une perméabilité à l’oxygène extrêmement faible», explique Gerard Güell.

Au terme de la présentation, les interrogations étaient nombreuses de la part des membres du législatif de Collombey-Muraz. La création d’un tube comportant des virages est-elle envisageable? Qu’en est-il du bruit pour les riverains de l’installation? L’implantation de ce projet peut-elle entraîner la création d’une chaire de l’EPFL dans la région? Si les conseillers généraux souhaitent connaître les moindres détails, c’est qu’ils ont entre leurs mains la destinée du projet. Ils devront en effet se prononcer sur le changement de zone de trois parcelles afin de permettre la construction du tube, des gares de départ et d’arrivée et d’une halle consacrée aux recherches. Avec les possibles oppositions lors de la mise à l’enquête, il s’agit du dernier écueil à passer avant la construction, prévue en 2019 pour une période déterminée.

Durée de vie limitée

«La durée pour atteindre les objectifs de recherche se concentre sur dix ans, confirme Doré de Morsier. Passé ce délai, le tube sera démonté et le terrain sera renaturé. Ce sera au plus tard en 2028.» Durant ce laps de temps, une dizaine d’emplois seront créés et plus de 30 millions de francs sont nécessaires. De nombreux partenaires privés se sont montrés intéressés, selon les initiateurs d’Eurotube, qui ne peuvent pas encore dévoiler de noms. Seul celui des CFF est évoqué.

Ce projet est bénéfique pour le Valais et pour le pays

Vincent Pellissier, chef du Service cantonal de la mobilité

L’objectif des fondateurs du projet n’est pas de s’enrichir, au contraire. Ils ont d’ailleurs créé une fondation à but non lucratif. Leur ambition première est d’attirer dans la région des équipes de toute l’Europe qui travaillent sur cette technologie. Ils imaginent également compléter les efforts d’Elon Musk en créant, dans le Chablais valaisan, une compétition proche de l’Hyperloop Pod Competition, dont le but est de développer la capsule la plus rapide. «Contrairement à Elon Musk, nous ne nous limiterons pas aux universités. Les entreprises et les start-up de tout le continent seront les bienvenues», affirme en souriant Doré de Morsier.

Soutien des autorités

Présent aux côtés des fondateurs d’Eurotube, Vincent Pellissier joue le rôle de coach au moment d’affronter les questions des médias. Si le chef du Service cantonal de la mobilité est présent, c’est que l’Etat du Valais y croit. «Ce projet est bénéfique pour le canton et pour le pays. Il permet aussi de renforcer le Valais comme un acteur en termes de mobilité innovante.» Dès les premières sollicitations à la fin de l’année passée, le canton a donc fait part de son intérêt. Il a même mis la main au porte-monnaie, à hauteur de 200 000 francs pour financer les premières études et accompagner les procédures.

Lire aussi: L’esprit de Swissmetro rôde toujours en Suisse

L’enthousiasme est similaire du côté de Collombey-Muraz. Pour son président, Yannick Buttet, «la commune ne pouvait pas rêver d’un meilleur projet». Si deux autres sites, en Allemagne et en France, sont également sur les rangs, c’est en Valais que le dossier est le plus avancé. Et la commune chablaisienne va tout faire pour que le projet se réalise sur son sol. Le Conseil communal a déjà déboursé 1 million de francs pour l’achat d’une parcelle, afin de permettre l’implantation d’Eurotube. Il prévoit également de mettre les terrains à disposition gratuitement.

Mais la commune sera aussi bénéficiaire, assure Yannick Buttet. En termes d’image d’abord, mais également d’infrastructures. Si le tube et les gares de départ et d’arrivée seront démontés, la halle de recherche lui reviendra une fois le projet arrivé à son terme. Et pour Yannick Buttet, elle permettra à Collombey-Muraz d’accueillir à l’avenir de nouvelles start-up.

Un tube opérationnel dans vingt ans?

Au moment d’évoquer l’avenir, Doré de Morsier estime que d’ici à une vingtaine d’années, un système complet de transport sous vide à ultra haute vitesse pourrait être opérationnel. Il imagine même un réseau qui permettrait de relier les grandes villes d’Europe, qui deviendraient ainsi des stations de métro. Enthousiaste, Vincent Pellissier le rejoint. «Un tube plus grand pour le transport de marchandises ou de personnes est tout à fait imaginable. Naturellement, il s’agit là d’un projet à l’échelon national voire international», conclut-il.

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