«Ce n’est pas un lot de consolation après le refus des Valaisans d’organiser les Jeux olympiques, c’est un premier prix», se réjouit Frédéric Favre, le conseiller d’Etat valaisan chargé des sports. En septembre 2020, les villes de Martigny et d’Aigle accueilleront, huit jours durant, les Mondiaux de cyclisme sur route. Un événement qui offrira à la région un sacré coup de projecteur.

La manifestation attire des dizaines de milliers de spectateurs et touche, grâce aux médias et aux réseaux sociaux, une audience qui se compte en centaines de millions de personnes. «Ces Mondiaux feront découvrir la région aux adeptes du cyclisme, qui cherchent des endroits où s’entraîner ou se balader», souligne Frédéric Favre. L’obtention de ces Championnats du monde est donc un atout de taille, d’autant plus pour le Valais, qui souhaite devenir un haut lieu du vélo.

Le vélo comme atout pour un tourisme quatre saisons

Le gouvernement cantonal a adopté une stratégie en la matière en avril 2017. «Nous avions l’idée en tête depuis longtemps, l’arrivée d’étape du Tour de France à Finhaut-Emosson, en juillet 2016, a accéléré le processus», explique Damian Constantin, directeur de Valais/Wallis Promotion. Le vélo devient ainsi un pilier stratégique du Valais dans sa volonté de transition vers un tourisme quatre saisons. «Les sports d’hiver resteront le produit phare du canton, souligne Damian Constantin, mais le cyclisme est une offre complémentaire, du printemps à l’automne.»

Comme pour le ski, le Valais a tous les atouts pour attirer une clientèle adepte de petite reine. «La topographie du canton est parfaite pour la pratique de ce sport», relève Damian Constantin. Et ce pour toutes les disciplines, que ce soit le vélo de route, tout terrain ou de descente. Des compétitions comme le Grand Raid, qui relie Verbier à Grimentz, ou encore les Championnats du monde de mountain bike marathon, qui auront lieu l’an prochain à Grächen, prouvent que le vélo a sa place dans les montagnes valaisannes.

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Développer l’offre touristique en plaine

La petite reine doit également permettre de développer le tourisme en plaine du Rhône, souvent oubliée dans l’offre touristique du canton. «C’est un modèle différent, explique le cycliste professionnel Steve Morabito, qui a participé à la mise en place de cette stratégie. Les adeptes de vélo sont, par définition, très mobiles. Cela ne les dérange pas de loger en plaine et de se déplacer pour pratiquer leur sport.» Il espère donc que les hôteliers du canton n’hésiteront pas à investir pour que le nombre d’hôtels «bike friendly» – une septantaine aujourd’hui en Valais – explose.

L’adaptation des établissements hôteliers ne suffira toutefois pas à attirer les cyclotouristes. Il en faut plus. Le défi consiste à fédérer tous les acteurs du tourisme autour de ce projet. «Le vélo doit devenir une véritable expérience. Le cycliste qui finit sa virée à 15h ne doit pas se retrouver face à une cuisine fermée ou à l’impossibilité de réparer son vélo s’il rencontre des problèmes mécaniques», insiste Damian Constantin.

Une plateforme unique pour tout réserver en un clic

Pour l’heure, la stratégie du canton n’en est qu’à ses débuts. Elle doit porter ses fruits à l’horizon 2020. Steve Morabito, également à la tête de la société Vélo Evolution Consulting, qui met notamment en œuvre des projets visant à concilier cyclisme et tourisme, espère que l’organisation des Championnats du monde de cyclisme sur route fera office de déclic pour passer au niveau supérieur. Il imagine volontiers des packages spéciaux pour les cyclotouristes comprenant transport et hébergement et espère que le projet – actuellement en discussion – d’une plateforme unique qui permettrait de planifier et de réserver l’ensemble du voyage, en quelques clics seulement, verra le jour.