Rarement une première sortie médiatique aura été aussi remarquée. Donald Moos, le nouveau président de l’UDC du Valais romand (UDCVr), a donné une interview à nos confrères du Nouvelliste pour revenir sur certaines de ses publications sur les réseaux sociaux ces derniers mois et qui sont, pour la plupart, proches de la mouvance complotiste. Dans l’interview publiée sur le site du quotidien valaisan ce jeudi peu après midi, l’homme, élu à son poste le 9 octobre dernier, ne fait pas marche arrière. Au contraire, il assume.

Pour lui, l’élection présidentielle américaine a été truquée et Donald Trump est le véritable président élu. Il estime également qu’il existe une sorte de convergence malsaine d’intérêts particuliers qui dirige la société. «Lorsqu’on constate que les gestionnaires de fonds BlackRock et Vanguard sont les actionnaires principaux de la plupart des multinationales pharmaceutiques, alimentaires, chimiques, etc., cette énorme concentration de pouvoir financier supérieure à la puissance financière de la plupart des Etats a de quoi inquiéter.» Bill Gates, George Soros et les époux Clinton seraient certains des «exécutants visibles» de cette convergence. Le Covid-19? Certainement élaboré en laboratoire. «On a pris un virus existant et on l’a amélioré pour en faire un virus plus transmissible et pathogène. Une véritable arme biologique qui a nécessité le dépôt officiel de 73 brevets. A ce stade, on ne peut plus parler d’un accident fortuit», détaille Donald Moos.

Pas complotiste, mais éveillé

A la question de savoir s’il est complotiste, le président de l’UDCVr répond par la négative. «Selon l’esprit des Lumières, je soumets l’évolution de la société à ma pensée critique. Les complotistes sont ceux qui organisent le complot, pas ceux qui identifient les problèmes.» Est-il donc un éveillé? «Si vous appelez un éveillé quelqu’un qui remet en question le fonctionnement du monde actuel, on peut dire oui.»

Je salue le courage civique de cet homme. Le simple fait d’avoir une voix discordante, c’est sain pour la démocratie

Oskar Freysinger

Fait rare, Le Nouvelliste glisse un encadré en début d’article soulignant l’aspect controversé des thèses défendues par Donald Moos. «Plusieurs éléments avancés dans cette interview sont contestés scientifiquement. D’autres sont assimilables à des théories complotistes», souligne le quotidien. Qui précise se distancier de la lecture des événements faite par le président de l’UDCVr.

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Les autres partis choqués

Au sein des autres partis, les propos de Donald Moos choquent. «C’est une approche particulière, très catégorisée. Qu’une personne qui tienne de tels propos puisse être à la tête d’une section du plus grand parti de suisse me fait un peu peur», avoue Florian Piasenta, le président du PLR Valais. Clément Borgeaud, son homologue du Parti socialiste du Valais romand, se dit sidéré par «ces propos intenables». «C’est un affront fait aux nombreuses victimes passées et actuelles de la crise sérieuse que nous traversons. Si l’UDC devient complotiste, ce qui semble être le cas au vu des thèses élaborées ici, c’est un réel danger pour la démocratie et nos institutions», appuie-t-il. Et d’ajouter: «Si la base du parti soutient les mêmes positions, cela posera d’autres questions.»

Membre du comité exécutif de l’UDCVr et figure historique du parti valaisan, Oskar Freysinger soutient Donald Moos. «Je salue le courage civique de cet homme. Le simple fait d’avoir une voix discordante, cela sauve l’honneur de la démocratie. Nous sommes une voix critique. Nous avons toujours été à contre-courant. Cela permet de contrebalancer le monopole, à 90%, de l’information», souligne l’ancien tribun. Pour le Saviésan, cette interview «ne fera pas de mal au parti». Au contraire, dit-il, «elle pourrait même nous être bénéfique, tant il y a un ras-le-bol au sein de la population». Il assure qu’elle n’entraînera aucun remous à l’interne du parti. Pourtant, les premières voix UDC discordantes se font entendre. Ancien président de la section de Martigny, Alexandre Moret s’est dit, sur les réseaux sociaux, en faveur de la démission du président de l’UDCVr fraîchement élu.

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