«Ne dit-on pas que lorsque les fruits sont mûrs, il faut les cueillir?» C'est par cet adage frappé au coin du bon sens que les autorités valaisannes ont annoncé vendredi de nouvelles démarches auprès du Département fédéral de justice et police de Ruth Metzler, pour obtenir davantage de souplesse dans les autorisations de séjour envers les étrangers des pays de l'Est, voire des pays anglo-saxons comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie. C'est sous la pression des associations professionnelles de l'agriculture et de l'hôtellerie que le conseiller d'Etat en charge de l'économie, Wilhelm Schnyder, a écrit récemment à la conseillère fédérale. Cette situation n'est toutefois pas spécifique au Valais, puisque les cantons de Fribourg ou de Vaud font état régulièrement des mêmes préoccupations. Mais le Valais est particulièrement touché par la pénurie de main-d'œuvre non qualifiée.

Peut-on chiffrer cette demande en main-d'œuvre? Jacques Rossier, responsable de cette question à l'Etat du Valais constate: «Il est très difficile de le dire. D'une façon générale, pour ce type de postes, le recrutement est problématique. D'un côté, la main-d'œuvre traditionnelle des pays du Sud, en particulier du Portugal, cherche aujourd'hui des emplois qui soient mieux rémunérés. De l'autre côté, de par la mobilité, de nombreuses personnes des pays de l'Est cherchent à travailler, mais l'ordonnance fédérale en vigueur ne permet pas de leur octroyer des autorisations de séjour.»

Pour les autorités valaisannes, le danger de cette situation est qu'elle favorise le travail au noir. Le canton demande donc une adaptation de l'ordonnance fédérale afin que les besoins de l'économie puissent être satisfaits. Pour l'instant, il n'a pas reçu de réponse.