Le Valais choisit la voie médiane en matière de thérapies de conversion. Contrairement aux cantons de Vaud, de Genève ou de Berne, il n’a pas, pour l’heure, la volonté d’interdire ces thérapies sur son sol, mais il ne reste pas les bras croisés non plus. Ce mardi matin, les députés valaisans ont accepté, par 95 voix contre 30 et une abstention, un postulat demandant au gouvernement cantonal de mener une étude approfondie sur le sujet.

Devant le plénum, Mathias Reynard, le conseiller d’Etat chargé de la Santé et des Affaires sociales, a indiqué que la première étude succincte, réalisée auprès de nombreuses associations LGBTQI+ afin de connaître la réalité du terrain, a démontré que ces dernières n’avaient reçu aucun témoignage concernant de potentielles thérapies de conversion sur le territoire valaisan. «Cela ne veut pas dire que ça n’existe pas», a appuyé Olivier Ostrini, l’un des coauteurs du postulat.

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Le député suppléant socialiste a insisté sur la nécessité de réaliser une étude approfondie: «Il est certain que ces thérapies existent et nous ne pouvons pas tolérer qu’elles puissent avoir libre cours dans notre canton. Il faut exposer la réalité des faits. Combien de personnes sont concernées? Dans quel contexte? Est-ce dans le domaine médical, religieux, ou autre? Ces questions méritent des réponses et une réaction appropriée par la suite.»

Une étude non exhaustive, selon l’UDC

Dans le camp des opposants au texte, les démocrates-chrétiens du Haut-Valais voyaient dans ce postulat une perte de temps et d’argent pour le département du ministre Reynard, les premiers constats étant clairs. Pour l’UDC, l’étude demandée n’est pas exhaustive. Le député Eric Jacquod estime qu’elle devrait également s’intéresser aux personnes ayant décidé de changer de sexe afin de savoir si, quelques années après l’opération, elles regrettent leur choix ou non. «On se braque sur un problème qui n’est pas apparent et l’on refuse de s’intéresser à des problématiques claires, qui font l’objet de procès dans certains pays. Le changement de sexe est une thérapie de conversion. Si, dix ans après l’opération, la personne regrette son choix, elle ne pourra pas revenir en arrière, contrairement à celle qui aura entendu le chapitre 18 de la Genèse [dans le cadre d'une thérapie de conversion, ndlr.]. Les bases idéologiques de certaines religions ne sont-elles pas égales à celles de certains mouvements qui existent au sein de la psychiatrie?» s’interroge Eric Jacquod.

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La réponse de Mathias Reynard est limpide: «Le gouvernement fait ce que le parlement lui demande de faire. Il s’agit ici d’une étude sur les thérapies de conversion. Nous devons trouver le meilleur moyen de lutter contre ces thérapies, qui sont un véritable fléau. En revanche, si le législatif demande une étude sur les éléments que vous évoquez, nous la ferons.» Eric Jacquod assure qu’il étudiera cette possibilité. En attendant, l’étude approfondie sur les thérapies de conversion sera réalisée. Et pourrait, en fonction de ses conclusions, déboucher sur des modifications législatives à l’avenir.