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Le Valais veut se débarrasser des énergies fossiles

Le Valais se lance dans une transition énergétique qui doit lui permettre, d’ici à 2060, de couvrir l’ensemble de la demande d’énergie du canton avec un approvisionnement 100% renouvelable et indigène

Le Valais veut tirer un trait sur les énergies issues du charbon, du pétrole ou du gaz naturel. Il veut se passer de ces énergies fossiles d’ici à 2060 afin de garantir, à cet horizon, un approvisionnement entièrement renouvelable et indigène, pour l’ensemble de la demande d’énergie du canton, de l’électricité à la mobilité en passant par la production de chaleur.

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La vision présentée lundi à la presse par Roberto Schmidt, le conseiller d’Etat chargé de l’Energie, est ambitieuse. Et le ministre en est conscient. «Le principal défi ne sera pas d’ordre technique ou économique, il consistera à changer les mentalités», a-t-il souligné. Mais il est convaincu que cette vision d’une énergie verte et locale sera plus simple à faire comprendre aux citoyens que celle d’une société à 2000 watts.

Citant à de nombreuses reprises les grèves pour le climat qui se sont multipliées en Suisse et à travers le monde ces derniers mois, le ministre est conscient que le thème est plus que jamais d’actualité. Mais il n’a pas attendu cela pour y prêter attention. En 2011, après l’explosion de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon, c’est lui qui avait déposé la motion, acceptée par le parlement, qui demandait la sortie progressive du nucléaire.

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Siégeant désormais au gouvernement cantonal, le démocrate-chrétien a décidé de continuer son combat, à une échelle plus locale. Le chemin pour passer de la théorie à la pratique ne sera pas pour autant plus simple. En 2015, le Valais avait un taux d’auto-approvisionnement de 24% et sa consommation d’énergie renouvelable était de 28%. Dans les deux cas, bien loin des 100% visés.

Réduction drastique de la consommation

Afin que ses ambitions deviennent réalité et pour ne pas se perdre en chemin, l’Etat du Valais a défini des objectifs intermédiaires, en phase avec la législation fédérale. Il vise une réduction de moitié des énergies fossiles d’ici à 2035. «Si une partie des technologies nécessaires pour atteindre nos objectifs à l’horizon 2060 ne sont pas encore prêtes, pour ce qui est de ceux imaginés pour 2035, tout existe déjà», assure Joël Fournier, le chef du Service cantonal de l’énergie.

Pour atteindre ce premier but fixé, les Valaisans devront réduire drastiquement leur consommation d’énergie. Le canton table sur une baisse d’un tiers durant les quinze prochaines années. Pour y arriver, la rénovation du parc immobilier, avec par exemple le remplacement des chaudières et des chauffages électriques par des pompes à chaleur ou encore l’amélioration thermique des bâtiments, est nécessaire. La mobilité sera également concernée. Elle devra être plus électrique, mais aussi plus rationnelle.

Les mesures définitives qui seront mises en place n’ont pas encore été décidées. Le plan final est en cours d’élaboration. Une chose est toutefois déjà arrêtée: certaines mesures seront contraignantes. «Elles sont incontournables pour atteindre nos objectifs, relève Roberto Schmidt, même si elles sont souvent critiquées et refusées par le peuple.»

Hausse de la production

Le Valais devra parallèlement augmenter sa production d’énergie renouvelable. La hausse projetée est chiffrée à près de 1400 gigawattheures par année jusqu’en 2035. Si la principale source d’énergie du canton, la production hydroélectrique, sera légèrement augmentée, le Valais misera surtout sur le solaire, avec la pose imaginée d’environ 4 millions de mètres carrés de panneaux.

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«Cette vision cantonale ne signifie pas que nous voulons vivre en autarcie, relève Roberto Schmidt. Nous consommerons l’énergie que nous produirons, mais nous continuerons de contribuer activement à l’approvisionnement en électricité renouvelable de la Suisse et de l’Europe. Grâce à ses ressources énergétiques renouvelables, que ce soit l’eau, le soleil ou encore le bois, le Valais peut profiter de cette transition pour devenir le cœur énergétique de la Suisse.»

Le ministre de l’Energie présente également cette transition énergétique comme une impulsion pour l’économie du canton. Le coût des mesures à mettre en place d’ici à 2035 est estimé à 10 milliards de francs, à répartir entre le canton, les communes et les citoyens.

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