«Le vigneron doit rester un vigneron et ne pas devenir un bureaucrate en salopettes.» Le député Patrick Schmaltzried, qui est aussi «le président de la plus grande commune viticole du Valais» -à savoir Chamoson -, a résumé l'essentiel des doutes face à la nouvelle loi sur l'agriculture en discussion au Grand Conseil.

Une loi qui, selon la volonté du chef du Département de l'économie, Jean-Michel Cina, entend conférer au Conseil d'Etat davantage de compétences pour fixer «une AOC crédible et renforcée, apte à créer de la plus-value en misant sur l'authenticité et la spécificité de nos produits». Avec, comme corollaire, des contrôles accrus dans toute la chaîne de production.

Ce dirigisme en a effrayé plus d'un, comme le député Xavier Bagnoud, œnologue de profession, qui doute des compétences viti-vinicoles du gouvernement et craint que «l'Etat providence ne se mue en Etat pénitence».

La gauche, par le député vigneron Georges Emery, réclame que l'obligation d'un prix indicatif à fixer à l'ouverture des vendanges soit inscrite dans la loi: «Il est bien beau de fixer des règles pour augmenter la qualité, encore faut-il que les vignerons aient les moyens de respecter ces règles.»

Ce que le député saviésan Pascal Bridy a traduit par une formule plus directe: «On abrutit le vigneron de règlements, on lui dit ce qu'il doit planter et quand il doit le cueillir; la seule chose qu'on ne lui dit pas, c'est quand et combien il sera payé.»

La loi a été votée sans opposition, mais il ne s'agissait que de la première lecture et Jean-Michel Cina a été dûment prévenu: on l'attendra au coin du cep en deuxième lecture.