Le parlement valaisan a refusé mercredi un crédit supplémentaire de 150 000 francs pour le travail de la préposée à la protection des données et à la transparence. En décembre 2012, le Grand Conseil avait décidé de réduire le budget alloué de 300 000 à 100 000 francs pour éviter de mettre les comptes dans le rouge. La commission extraparlementaire à la protection des données avait alors démissionné en bloc, estimant qu’elle était désavouée par le Grand Conseil et que le budget était insuffisant. Dans la foulée, la préposée, Ursula Sury, avait réduit ses tâches en fonction du budget disponible. Elle répondait aux demandes par un mail automatique expliquant qu’en raison d’une baisse drastique de budget, elle traiterait la demande dans la mesure de ses possibilités financières.

De l’avis du groupe de travail chargé de trouver des solutions à cette situation, de l’Inspection cantonale des finances et du préposé fédéral à la protection des données, le budget annuel de 100 000 francs est insuffisant. Mais les groupes UDC et PDC ont refusé d’accorder un crédit supplémentaire. Pour eux, il est primordial de ne pas dépasser les budgets et accorder des crédits supplémentaires reviendrait à enfreindre ce principe. Un avocat sédunois, Sébastien Fanti, a aussi contribué à cette décision en offrant aux parlementaires de faire le travail de préposé pour 150 000 francs par année. Tout en reconnaissant que ce budget est très serré pour son étude, précise le rapport du groupe de travail. L’UDC Jean-Luc Addor a du coup souligné que les prestations d’Ursula Sury sont trop onéreuses.

Minorités pas entendues

Les minorités PLR, PS et Verts se sont unies pour défendre l’avis contraire mais sans faire le poids face aux 77 voix des partis C. Pour plusieurs d’entre eux, le PDC – et surtout les noirs du Haut-Valais – se venge aujourd’hui du fait que leur candidat au poste n’a pas été choisi en 2009. L’ancien chancelier d’Etat et noir du Haut-Valais Henri Von Roten avait été évincé par le parlement. Les députés lui avaient préféré l’indépendance de la Lucernoise Ursula Sury.

Une indépendance qui dérange aujourd’hui? De manière générale, les administrations qui ont travaillé avec Ursula Sury s’en disent satisfaites. Même si le rapport du groupe de travail estime que parfois elle travaille de manière trop pointilleuse. «Le principe de transparence n’arrange pas tellement les majoritaires en Valais», estime le député socialiste Jean-Henri Dumont, un brin provocateur. «Le PDC et l’UDC défendent systématiquement le principe du double frein à l’endettement, regrette la députée Verte Marylène Volpi-Fournier. Au nom de cette sacro-sainte valeur défendue par le conseiller d’Etat Maurice Tornay, cela fait quatre ans qu’il n’a pas soumis la loi contre les violences domestiques au Conseil d’Etat faute de finances. Aujourd’hui, le canton ne se donne pas non plus les moyens d’appliquer la loi sur la protection des données. Si on ne travaille plus qu’avec les règles du double frein à l’endettement, le politique fait de la gestion et ne peut investir pour le futur!» s’emporte-t-elle.

Le Valais vivra 2013 avec une préposée semi-présente. Le poste sera remis au concours à la fin du contrat d’Ursula Sury, en mai 2014. Avec un nouveau budget qui devrait être discuté avant la fin de l’année.