Après le dépôt de la plainte pénale le 13 mars dernier (Le Temps d'hier) par les communes argoviennes de Rheinfelden et d'Oftringen contre le conseiller d'Etat valaisan en charge des finances Wilhelm Schnyder, celui-ci se déclarait hier serein sur les reproches qui lui sont faits. Précisons que cet épisode judiciaire intervient dans le cadre de l'affaire Loèche-les-Bains: les deux communes créancières, ainsi que la Centrale d'émission des communes suisses (CECS), reprochent à l'Etat du Valais d'avoir manqué à son devoir de surveillance dans l'endettement et la faillite de la commune de Loèche-les-Bains.

Les deux communes dénoncent pénalement Wilhelm Schnyder pour gestion déloyale des intérêts publics et abus de fonction. C'est le juge d'instruction pénale du Valais central Jacques de Lavallaz qui est en charge du dossier. Elles reprochent à l'Etat du Valais d'avoir utilisé le fonds de péréquation intercommunal pour apporter un soutien à la CECS et d'avoir favorisé ainsi ce créancier au détriment des autres.

«En 1999 la CECS nous avait demandé un soutien pour survivre, explique le grand argentier valaisan. Nous avons constaté alors que le canton ne pouvait rien faire car cela aurait représenté une reconnaissance de dettes. Par contre nous avons proposé aux communes valaisannes de faire un geste envers la CECS, qui a engagé quelque 400 millions de francs en Valais. Lors d'une séance à Sierre avec les communes, une grande partie d'entre elles s'est montrée favorables et il n'y a pas eu d'opposition formelle. Si la CECS devait mettre la clef sous le paillasson, cela aurait impliqué un grand problème de refinancement pour de nombreuses communes.»

Les communes valaisannes ont ainsi versé un million de francs à la CECS en 1999. Cette opération aurait dû en rester là. Mais en 2000, après les intempéries qui ont vu un important mouvement de solidarité de la Suisse envers le canton, le Conseil d'Etat a estimé qu'il serait néfaste pour l'image du canton de ne pas procéder à nouveau à cette aide. Les communes ont reçu à fin décembre une lettre du Département des finances leur expliquant la nécessité de refaire un geste. Aucune opposition formelle n'a été enregistrée.

Wilhelm Schnyder réfute également l'inégalité de traitement vis-à-vis des créanciers: «Ce qui me gêne plutôt c'est que les deux communes en question n'ont pas respecté les dispositions légales dans leur canton et l'élémentaire prudence dans l'octroi de crédits. Leur attitude révèle également la méconnaissance du geste fait par les communes valaisannes.»