«Aforce d'enfoncer le clou, le message a fini par passer.» Isabelle Darbellay, la responsable du Bureau valaisan de l'égalité, se déclarait hier «pour une fois satisfaite» des résultats des communales. Non qu'un déferlement soit venu soudain féminiser les exécutifs communaux, mais la progression des femmes paraît certaine, surtout dans le Valais romand, où le nombre de conseillères communales passe de 16 à 20%. Et où, surtout, on compte sept présidentes de communes contre deux en 2000.

Si, dans le Haut-Valais, le nombre de conseillères communales a reculé de 63 à 54 – tombant à 13% –, le nombre de présidentes, en revanche, passe de 6 à 8. Le phénomène se confirme avec les vice-présidentes, qui seront désormais 12 dans le Valais romand et 7 dans le Haut-Valais.

Un bémol toutefois: la plupart de ces présidences ou vice-présidences concernent des communes petites, voire microscopiques, comme Mex ou Martisberg. Si l'on excepte la brillante réélection de Viola Amherd à Brigue, seule Dominique Delaloye, avec la vice-présidence de Martigny, concrétise l'arrivée d'une femme à la tête d'un exécutif urbain. Pire: à Sierre et Monthey, deux femmes socialistes, en lutte pour la vice-présidence contre des candidats aussi virils que radicaux, se sont faites laminées. Comme a été laminée une autre socialiste, candidate à la présidence d'Ayent.

Pour une fois donc, les femmes qui parviennent à se faire élire sont plus nombreuses chez les PDC et les radicaux qu'à gauche. Président des radicaux valaisan, Léonard Bender estime qu'il s'agit «d'un réflexe qui s'est installé dans les partis et qui n'existait pas il y a une dizaine d'années. Une volonté d'offrir aux femmes de réelles possibilités d'être élues. Et puis, il y a aussi un effet générationnel, une prime à la jeunesse: dans des ambiances de querelles politiques locales et familiales, ne pas être connu peut être un avantage.»

Si cette prime à la jeunesse ne concerne pas que les femmes, l'exemple le plus spectaculaire vient d'Ardon, où la radicale Lise Delaloye, 32 ans, a ravi la présidence au candidat du PDC, un parti qui dirigeait la commune depuis un siècle et y est encore largement majoritaire. Les responsables du PDC d'Ardon, sous le choc dimanche soir, jugeaient cette «élection incompréhensible» et promettaient déjà, dans Le Nouvelliste et sans trop de galanterie, de mener la vie dure à la nouvelle présidente: «Lise est euphorique aujourd'hui, mais, avec notre majorité au Conseil, nous n'allons pas lui faire de cadeau.»

Les radicaux ont connu un destin inverse à Port-Valais, où la candidate du PDC, Margrit Picon Furrer, a terrassé le président sortant radical. Notons également l'exploit de la PDC Marianne Maret à Troistorrents, qui a réussi à se faire élire contre le représentant d'une liste indépendante conçue tout exprès pour empêcher ce double sacrilège: une femme et une «étrangère» à la tête de la commune. Ces résultats restent partiels, certaines communes connaissant des situations de ballottage, notamment d'une candidate radicale pour la vice-présidence de Fully.