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Le nouveau conseil d'Etat valaisan communique l'unité.
© OLIVIER MAIRE / Keystone

Élections cantonales

Les Valaisans éjectent Oskar Freysinger du gouvernement

Le libéral-radical Frédéric Favre obtient la cinquième place de l’élection au Conseil d’Etat, devant Oskar Freysinger et Stéphane Rossini. Les deux hommes mettent un terme à leurs carrières politiques

N’importe qui sauf lui. C’est le message qu’ont fait passer les Valaisans dimanche au désormais ex-ministre Oskar Freysinger. À sa place, ils ont choisi un candidat encore inconnu il y a quelque mois, le libéral-radical Frédéric Favre. Néophyte et protégé de Pascal Couchepin, il vivait ce dimanche sa toute première élection. Pour son président René Constantin «c’est la victoire des gens raisonnables sur le populisme.»

Dans la brasserie où les militants du PLR ont établi leur quartier général, après une fausse alerte, une vraie clameur agite l’assemblée. Puis des larmes qui disent fort la victoire et le soulagement. Frédéric Favre conquiert la cinquième place du scrutin, éjectant définitivement Oskar Freysinger du gouvernement pour plus de 2000 voix. L’heureux élu commente: «Aujourd’hui, les Valaisans ont opéré un choix de société. Ils se sont mobilisés et la démocratie a bien fonctionné.»

Journée sous haute tension

Tout au long de la journée, Oskar Freysinger devançait son adversaire au classement. Mais dans les rues de la vieille ville de Sion, à mesure que les résultats s’égrainaient, les sympathisants de toutes les formations prédisaient, smartphone à la main, la victoire de Frédéric Favre. Le scénario se concrétise au moment où tombent les chiffres du bastion libéral-radical de Martigny. La ville de Sion entérine cette petite révolution valaisanne.

Nous avons perdu quatre ans mais le gouvernement pourra à nouveau travailler ensemble

Avec l’aide des démocrates-chrétiens, qui n’ont pas su résister à la tentation d’arbitrer le scrutin, les libéraux-radicaux récupèrent le siège qu’Oskar Freysinger leur avait subtilisé il y a quatre ans, et qui leur avait toujours appartenu auparavant. Pour le président du PLR René Constantin, euphorique, «nous avons perdu quatre ans mais le gouvernement pourra à nouveau travailler ensemble.»

Lire son portrait:  Le manager qui incarne le renouveau du PLR

Inscrit au parti depuis une année, Frédéric Favre est un libéral-radical atypique, plutôt centriste et sensible aux questions environnementales. Âgé de 38 ans, il est désormais ministre. Directeur des ressources humaines d’une entreprise active dans la grande distribution, il héritera sans doute d’un ministère des finances dont personne d’autre ne semble vouloir. Il doit beaucoup au vote des militants démocrates-chrétiens.

Lourde défaite pour Oskar Freysinger

Ce dimanche, la participation a augmenté, culminant 61%. Ce vote massif a coûté très cher à Oskar Freysinger. C’est la première fois depuis 1937 que les Valaisans désavouent un ministre sortant. Sanctionnant à la fois l’homme, son attitude et son bilan, de nombreux électeurs ont opté pour un vote tactique dans le but de rejeter le Conseiller d’Etat UDC. S’ils ne voulaient pas manifestement pas d’un deuxième socialiste au gouvernement, ils ne voulaient surtout pas composer quatre ans de plus avec Oskar Freysinger.

L’ex-ministre UDC est resté cloîtré chez lui. Le conseiller national UDC Franz Ruppen parle en son nom: «Je pense que sa carrière politique en Valais est terminée». Le vice-président de l’UDC suisse a refusé de répondre aux questions de ces journalistes qu’il a sévèrement critiqué durant la campagne. Son parti bascule dans l’opposition. Pour le président Jérôme Desmeules, amer, «les démocrates-chrétiens ont bien travaillé, ils ont choisi de gouverner avec des gens qui respecteront les ordres et suivront leurs instructions.»

Stéphane Rossini met un terme à sa carrière

Président du parti socialiste suisse, Christian Levrat se réjouit de l’éviction d’Oskar Freysinger: «Après avoir mené une carrière basée sur la provocation, l’ex-ministre ne peut s’en prendre qu’à lui-même». La gauche a néanmoins manqué une opportunité historique. Septième et dernier du scrutin, Stéphane Rossini a échoué à entrer au gouvernement. Il a rapidement annoncé la fin de sa vie politique: «En proposant deux socialistes au gouvernement, nous nous sommes heurtés à un tabou valaisan.»

Je me réjouis de ce gouvernement qui représente l’équilibre et l’apaisement

Avec Roberto Schmidt, Jacques Melly et Christophe Darbellay, les démocrates-chrétiens monopolisent encore une fois les trois premières places de l’élection. Accompagné de deux solides alliés, Christophe Darbellay sera incontestablement l’homme fort d’un Conseil d’Etat dont il a choisi chaque ministre: «Je me réjouis de ce gouvernement qui représente l’équilibre et l’apaisement, avec des personnalités qui sont capables de gouverner ensemble.»


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