Elargir, abaisser, élargir. Voilà en quoi consisteront les premiers travaux de la fameuse correction du Rhône, troisième du nom, qui viennent d'être mis à l'enquête. Il s'agit de la première tranche, devisée à 100 millions de francs, d'un gigantesque chantier qui devrait, jusqu'en 2030, achever de neutraliser les humeurs du Rhône.

Un fleuve qui a la particularité d'être enfermé et surélevé dans ses digues: en cas de crue et de rupture, l'eau qui s'échappe ne revient pas vers le fleuve, mais se disperse dans la plaine.

Le fleuve élargi de 35 à 45 mètres

Si le premier secteur concerné est celui de Viège, c'est que, selon les mots du chef de projet, Toni Arborino, les conséquences d'inondation y seraient «particulièrement catastrophiques» avec des hauteurs d'eau «de plus de deux mètres. Le secteur industriel de Lonza représente à lui seul entre deux et trois milliards de dégâts potentiels».

On élargira donc le fleuve de 35 mètres sur les secteurs Brigerbad-Lalden, on renforcera les digues sur la traversée du site Lonza, on élargira l'embouchure de la Vispa et on élargira encore le Rhône de 45 mètres sur la commune de Baltschieder.

V.I.S.P., «Very Important Security Place»

Le sujet est d'importance, puisque hier, à Viège, trois conseillers d'Etat avaient fait le déplacement. D'abord le chef des Transports et de l'environnement, Jean-Jacques Rey-Bellet, venu tester un slogan choc: «V.I.S.P, very important security place».

Le chef de l'Economie, Jean-Michel Cina, ensuite, à l'affût d'AFI («Améliorations foncières intégrales, pour l'agriculture dans la plaine du Rhône»). Autrement dit, la possibilité de moderniser et rationaliser les structures de l'agriculture valaisanne, au moyen des compensations financières que le projet de correction devra fournir pour les pertes occasionnées en terres agricoles.

Préserver l'économie

Enfin, Thomas Burgener, chef de la Santé et de l'énergie mais surtout régional de l'étape venu rassurer les Viégeois, du rang desquels, par la force chronologique des choses, sortiront les premières oppositions. En rappelant que ce projet de correction pourrait «s'avérer décisif pour l'avenir économique et social de la région». En raison des retombées des 100 millions d'investissements. Mais aussi parce qu'assurer la sécurité de Lonza, c'est également assurer la sécurité des emplois qui y sont liés.

Bref, la correction du Rhône déborde, si l'on ose dire, largement de son cadre initial. Sur les 100 millions de francs, seuls 69 seront consacrés directement à l'aménagement du fleuve.