La Bonneville pourrait renaître de ses cendres après 700 ans d'oubli. Un projet de camp médiéval ambitionne de retracer les hauts faits d'armes que le Val-de-Ruz a connu en 1301. Epoque pendant laquelle la Bonneville a été pillé et détruit au cours d'un conflit opposant le comte Rollin de Neuchâtel aux seigneurs de Valangin, alliés à l'évêque de Bâle.

Si le site ne laisse que peu d'indices sur son passé en surface, les ruines d'un bourg fortifié sont cependant enfouies sous la forêt. En 1295, une alliance entre les seigneurs de Valangin et l'évêque de Bâle met le feu aux poudres. S'estimant trahi par cette alliance, le comte prend les armes et vainc ses ennemis en 1296, dans la plaine de la Paulière à l'est de Coffrane. Trois ans plus tard, les deux partis entrent à nouveau en conflit et le comte Rollin, militairement supérieur, s'empare de la Bonneville et la détruit le 28 avril 1301. Conscients de leur infériorité, les seigneurs de Valangin demandent pardon, cèdent les terres de Boudevillier, s'engagent notamment à ne pas reconstruire La Bonneville.

Fascinée par cette histoire, Carole Gehringer, membre de l'association initiatrice du projet, est convaincue du potentiel que représente la tragédie de la Bonneville et se fait fort de redonner vie au site l'espace d'un été. Le projet s'inscrit dans un esprit de commémoration des funestes événements passés, le camp commençant 700 ans jour pour jour après la destruction du bourg. Il est également orienté vers la redécouverte du passé local.

Le projet entend également participer à la promotion touristique du Val-de-Ruz en offrant aux visiteurs de l'Expo.01 la possibilité de découvrir un site et une région tout en vivant une expérience originale. Des ateliers, animés par des médiévistes passionnés, feront des participants les artisans de La Bonneville. Devenus, vannier, forgeron, charpentier, boulanger, paysan, conteur, ou cuisinier, ils apprendront, le temps de leur séjour, les spécificités de leur nouveau métier.

A moins de deux ans du début des festivités, le projet a le vent en poupe puisque propriétaire et locataire du champ bordant le site, autorités communales, historiens et archéologues cantonaux ont accueilli le projet avec enthousiasme et saluent la démarche pédagogique.