Valérie Dittli entre au Conseil d’Etat vaudois. C’est l’une des plus grandes surprises de l’histoire politique romande.

Agée de 29 ans, la Zougoise d’origine était une inconnue il y a quelques mois encore. Devenue présidente du moribond PDC vaudois, son principal fait d’arme avait été d’exclure les deux anciens conseillers nationaux Claude Béglé et Jacques Neirynck du parti.

Par contre, elle n’avait pas réussi à se faire élire au Conseil communal de Lausanne ou au Grand conseil. Sur le plan professionnel, son expérience est aussi relative: assistante à l’Université de Lausanne, elle prépare actuellement son brevet d’avocat. Le pas qu’elle va franchir est énorme, mais elle a montré durant toute cette campagne qu’elle savait résister à la pression et qu’elle possède un vrai sens politique. Son grand défi sera de réussir à trouver sa place au sein du nouveau gouvernement et de pouvoir s’imposer face aux chefs de service expérimentés.

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La grande perdante du jour est Cesla Amarelle. La ministre de la Formation connaît le même sort que deux de ses prédécesseurs socialistes Jean Jacques Schwaab et Francine Jeanprêtre qui eux aussi avaient mordu la poussière. Ils avaient perdu la confiance des enseignants, tout comme l’Yverdonnoise qui est sans doute allé trop vite avec son concept «360°» sur l’école inclusive. Elle paie aussi la crise du covid, qui a fâché de nombreux parents qui ne comprenaient pas les décisions prises dans les écoles.

Michaël Buffat n’a pas convaincu

La victoire de la droite est aussi celle d’une équipe qui a su se montrer unie et combative tout au long de la campagne. Son discours sur la classe moyenne a incontestablement fonctionné. La réforme de la fiscalité sera donc l’un des grands dossiers de cette nouvelle majorité emmenée par Christelle Luisier qui sera, selon toute vraisemblance, la nouvelle présidente du gouvernement. Quant à l’UDC Michaël Buffat, son discours plus modéré qu’à Berne n’a pas convaincu la majorité des Vaudois qui ont plébiscité un Conseil d’Etat centriste, penchant légèrement à droite.

Si l’on se replonge dans les archives, la surprise vaudoise du jour rappelle l’élection en 1986 du Jurassien bernois Benjamin Hofstetter, écologiste qui avait bousculé les pronostics en battant Geneviève Aubry, et celle du marchand d’olives neuchâtelois Michel Von Wyss, un sans-parti soutenu par le POP et les Vert·e·s qui avait aussi créé un choc en 1989.

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