Valérie Perrin, la secrétaire romande du Syndicat suisse des mass media (SSM), réagit à l'enquête du Collectif de défense (CDD) portant sur la RTS et dévoilée ce 1er juillet.

Le Temps: Estimez-vous que l’exercice de remise en question de la gestion du personnel à la RTS est réussi?  

Valérie Perrin: Nous avons réussi à imposer une approche multifactorielle de toute la gamme des souffrances au travail et pas seulement celle n’intégrant que les actes qualifiés par le droit. Cela dit, le travail ne fait que commencer. Il faut désormais que les recommandations du CDD soient suivies par des mesures concrètes, faute de quoi ce rapport n’aura servi à rien et restera un exercice alibi. Le dialogue se poursuit avec la direction de la RTS, mais pour l’instant nous avons surtout eu des déclarations d’intention. Nous revendiquons une implication beaucoup plus forte du personnel dans les décisions relatives à l’organisation du travail, à l’évolution de l’entreprise et dans le processus de nomination des cadres, ce qui pour l’instant n’est pas envisagé par la direction. 

Certaines personnes ont retiré leur témoignage en cours d’enquête. L’ont-elles fait par peur des conséquences?

Clairement, oui. La plupart d'entre elles ont eu peur de potentielles représailles.

Le climat de travail à la RTS est-il délétère?

On constate de fortes attentes, mais aussi beaucoup de désabusement. Nous prenons au mot la volonté affichée par la direction de restaurer la confiance, mais exigeons des mesures structurelles. 

Y a t-il eu un sexisme systémique au sein de l’entreprise?

Le nombre de témoignages semble l’indiquer, avec une composante d’abus de pouvoir vis-à-vis de personnes en position subordonnée ou précaire.

L’actuel directeur de la SSR, Gilles Marchand, peut-il rester en place?

Un grand nombre de situations problématiques se sont déroulées à l’époque où il était directeur de la RTS. Le CDD recommande d’ouvrir une nouvelle enquête sur la chaîne de responsabilité relative aux situations problématiques de souffrance identifiées. Au SSM, nous demandons que le conseil d’administration de la SSR accepte d’en discuter. Or, nous butons jusqu’à présent sur une position très défensive de sa part.