«Le Temps» recueille les impressions de nouveaux élus durant leur première semaine de session parlementaire Valérie Piller Carrard 33 ansPS/Fribourg

La première chose que la socialiste fribourgeoise Valérie Piller Carrard a dû organiser, avant de siéger à Berne, c’est la garde de ses deux enfants, Mathis, 2 ans, et Antoine, tout juste 4 mois. Mais, qu’elles soient élues sous la coupole fédérale, actives dans une entreprise ou indépendantes, c’est toujours la première difficulté à laquelle sont confrontées, en Suisse, les jeunes mères de famille.

Grâce à la souplesse de la maman de jour de Mathis et à sa propre famille, la nouvelle conseillère nationale de Font, un petit village proche d’Estavayer-le-Lac, a trouvé une solution. Cela la motive d’autant plus à s’engager pour la politique familiale, un sujet qui la touche directement, bien sûr, et pour lequel elle s’est déjà fortement engagée au Grand Conseil fribourgeois.

Pour cette fille d’une famille d’ouvriers, très tôt sensibilisée à la politique, l’arrivée au Conseil national est un peu la réalisation d’un rêve. Mais avant de s’affirmer dans la lignée de sa compatriote broyarde et démocrate-chrétienne Thérèse Meyer-Kaelin, une autorité en politique sociale, Valérie Piller Carrard devra «faire ses classes». Comme tous les nouveaux élus, elle n’a guère eu le choix de la commission où elle siégera: ce sera la Commission de gestion. Un organe important, puisque ses membres y ont une vue sur tous les rouages de la Confédération, mais dont les travaux sont moins médiatisés. «J’ai bien conscience qu’au Conseil national l’essentiel du travail se fait en commission, mais qu’il faut aussi s’engager dans les débats publics pour montrer que l’on existe», dit-elle. Remplaçante dans la Commission de la sécurité sociale et de la santé, elle se dit qu’elle a déjà un pied dans la porte.

Au Conseil national, ce n’est pas tant la masse de travail qui l’impressionne, elle qui s’engageait à fond dans les travaux du Grand Conseil à Fribourg, que la masse de documents imprimés auxquels sont confrontés les élus. «Il faudrait vraiment développer les supports numériques pour diminuer la masse de papier», songe-t-elle.