Environnement 

La vallée de l’Arve espère avoir une bouffée d’air frais

La future écotaxe européenne devrait baisser les pics de pollution qui asphyxient la région. Un développement du fret ferroviaire est à l’étude

Une écotaxe sera mise en place et harmonisée avant 2019 dans l’Union européenne (UE), a souligné Karima Delli, présidente de la Commission des transports du Parlement européen, lors des Assises européennes de la transition énergétique qui se tiennent ces jours à Genève.

De quoi donner de l’espoir aux élus de la vallée de l’Arve, en Haute-Savoie, très concernés par la qualité de l’air dans leur région. «Mais l’Etat français, qui a toujours cédé face au lobby routier, suivra-t-il?» interroge Pierre-Jean Crastes, vice-président de l’aménagement du territoire du Genevois français.

Chauffage en cause

La situation encaissée ainsi que la densité de l’activité humaine dans cette région industrielle sont à l’origine de nombreux pics de pollution qui poussent les autorités à régulièrement demander aux plus fragiles (enfants, vieillards, personnes souffrant d'insuffisance respiratoire) de ne pas s’exposer à l'extérieur. «Cela paraît intolérable, mais il faut bien éviter que les gens ne meurent cinq ans plus tôt», a résumé Pierre-Jean Crastes.

La moitié des émissions de particules fines qui se déversent sur cette vallée qui mène au Mont-Blanc provient du chauffage domestique, à 87% au bois. Pour inciter les habitants à moderniser leurs moyens de chauffage, l’Etat propose une aide forfaitaire de 1000 euros à chaque particulier, afin que les foyers soient équipés d’un appareil moderne aux normes écologiques actuelles. Ce dispositif qui vient d’être reconduit a été salué par l’ensemble des élus, qui soulignent qu’il ne sera réellement efficace qu’en étant accompagné de mesures fortes concernant le trafic routier. Chaque année, 550 000 poids lourds transitent par le tunnel du Mont-Blanc.

Améliorer l’accès à la mobilité douce

En visite à Chamonix fin septembre 2017, Nicolas Hulot, le ministre français de la Transition écologique, a envisagé un report modal de la route vers le rail. Une concession pour une décennie doit être attribuée cette année à l’autoroute ferroviaire des Alpes, avec l’ambition de revenir au niveau de trafic fret d’il y a dix ans. L’actuelle utilisation est de seulement 20% des capacités de l’ouvrage. Cinq maires de la vallée de l’Arve ont demandé à l’Etat de s’engager à accélérer la rénovation des lignes ferroviaires Annemasse-Le Fayet et Saint-Gervais-Vallorcine. Les défenseurs du rail rappellent que «le train ne capte que 1 à 3% des déplacements en Haute-Savoie parce qu’il n’est pas attractif». Le département possède pourtant 235 kilomètres de voies ferrées électrifiées.

Karima Delli indique que 7 millions de personnes n’ont pas accès à la mobilité douce en France, faute de transport en commun à proximité de leur domicile. Une limitation de la vitesse toute l’année et non plus seulement pendant les pics de pollution est aussi à l’étude. Nicolas Hulot a fait savoir que d’ici fin mars 2018 une feuille de route sur la qualité de l’air dans la vallée de l’Arve allait être élaborée afin de respecter les directives européennes. Pour Anne Lassman-Trappier, présidente d’Inspire (anciennement Environn’MontBlanc), «le message clé, agir sur toutes les sources de pollution, a semble-t-il été compris. Espérons que d’ici mars on n’aura rien perdu en route.»

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