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Mario Gattiker (à gauche), secrétaire d’Etat aux Migrations (SEM), s’exprime aux côtés de Philippe Leuba (au centre), conseiller d’Etat vaudois, et Stéphane Costantini (à droite), syndic de la commune de Vallorbe, lors d’une conférence de presse au…
© VALENTIN FLAURAUD

Migration

Avec Vallorbe, la carte romande de l’asile est complète

La petite ville du Jura vaudois accueillera le quatrième centre fédéral pour requérants d’asile de Suisse romande. Vaud refusait un «centre de départ», il accepte un «centre sans procédure»

Après avoir examiné plus de 40 options en Suisse romande depuis 2014, le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) a tranché. Ce sera Vallorbe qui, compte tenu de son expérience de dix-huit ans d’accueil de requérants d’asile, hébergera le quatrième centre fédéral romand. Vaud et le Valais, pris ensemble, étaient les derniers cantons à ne pas avoir trouvé d’emplacement pour respecter la décision de restructuration en matière d’asile de la Confédération. Désormais, la Suisse romande pourra honorer son engagement à recueillir 1200 requérants d’asile, répartis entre Boudry (NE), le Grand-Saconnex (GE), Chevrilles (FR) et Vallorbe (VD). Le canton du Jura, jugé trop petit, n’accueillera pas de centre fédéral. En Valais, Tourtemagne et Martigny restent des sites de réserves stratégiques qui pourront servir dans le futur, tout comme Moudon (VD) à partir de 2029. Mais «rien ne sert pour l’instant d’effrayer la population du Gros de Vaud», souligne Philippe Leuba, conseiller d’Etat vaudois chargé de l’asile.

Lire aussi: Vaud et Valais, ces cantons qui trouent la carte de l’asile

Avant l’annonce tombée jeudi, Vallorbe et le canton se livraient depuis des années à un bras de fer avec le SEM. Les Vaudois ne voulaient pas transformer l’actuel centre d’enregistrement et de procédure en centre de départ, comme demandé initialement. «Il avait été évoqué que Vallorbe n’accueillerait que des personnes en attente de renvoi. Cela, nous le refusions, insiste Philippe Leuba, mais finalement, Vallorbe n’accueillera que 5% de déboutés en attente de renvoi.»

Aujourd’hui, le vivre-ensemble entre habitants et requérants se passe correctement

Stéphane Costantini, syndic de Vallorbe

C’est un peu plus compliqué que cela. Effectivement, le SEM a revu sa copie en renonçant à imposer un centre de départ à l’un des cantons romands, aucun ne voulant s’occuper uniquement de l’exécution des renvois. Boudry (NE) a ouvert un centre de procédure où passent tous les requérants d’asile arrivant en Suisse romande. On y enregistre leurs demandes et on les auditionne. Les trois autres sites romands sont des centres dits «sans procédure»: les «cas Dublin» y sont en attente d’une décision définitive. Mais une fois le refus tombé, ils seront en réalité dans une situation de départ.

Pour Vallorbe, la terminologie est importante. «Nous avons eu des hauts et des bas avec les villageois, à qui nous avons demandé beaucoup», explique son syndic, Stéphane Costantini. «Aujourd’hui, le vivre-ensemble entre habitants et requérants se passe correctement. Nous ne voulions pas imposer aux Vallorbiers un profil de résidents totalement différent et recommencer le travail à zéro. Nous sommes donc satisfaits de cette décision: c’est une forme de statu quo.» L’actuel centre de Vallorbe est fonctionnel en l’état et n’a nul besoin de transformations.

Une nouvelle catégorie: «réfugié en réinstallation»

Une nouvelle catégorie de personnes pourra également être accueillie à Vallorbe: les réfugiés en programme de réinstallation. Il s’agit d’une population particulièrement vulnérable (provenant actuellement quasi exclusivement de Syrie) à laquelle le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a reconnu le statut de réfugié, et qui n’a donc pas besoin de déposer une demande d’asile en Suisse. A Vallorbe, ils resteront entre quelques jours et deux mois. Le temps d’être sensibilisés aux «us et coutumes de la Suisse et de suivre des cours facilitant leur intégration», explique le secrétaire d’Etat aux Migrations, Mario Gattiker. Ils seront ensuite assignés à un canton d’accueil et auront le droit de travailler. «Il s’agit d’une population migrante extrêmement motivée, qui a tout intérêt à collaborer avec les institutions», souligne Philippe Leuba.

Lire aussi: Vaud provoque la Confédération en duel

Avec ce dispositif romand désormais complété, le nombre de sites définitifs sur la carte suisse des centres fédéraux est monté à 16. Deux sites restent encore à définir pour le canton de Berne et la Suisse centrale. La restructuration fédérale des places d’accueil avait en effet prévu que la Confédération dispose de 5000 places d’hébergement de requérants, réparties en six régions: le canton de Zurich, le canton de Berne, la Suisse romande, la Suisse centrale et le Tessin, la Suisse du Nord-Ouest et la Suisse orientale. Le nombre de places attribuées y varie, mais la Suisse romande est largement la plus sollicitée avec une capacité d’accueil requise de 1280 personnes.

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