Fiscalité

Vaud augmente le pouvoir d’achat de sa classe moyenne

Le Conseil d’Etat vaudois vante une répartition «juste» des fruits de sa prospérité en déclarant une baisse linéaire des impôts pour les personnes physiques, une augmentation ciblée des déductions pour les frais de garde et les primes d’assurance maladie

Un an après sa prise de pouvoir et six mois après la publication de son programme de législature, le Conseil d’Etat vaudois in corpore – à l’exception de Cesla Amarelle retenue pour des raisons familiales – a annoncé sa stratégie fiscale à l'horizon 2022. Les Vaudois ont été longuement mis à contribution pour redresser les comptes du canton et, désormais, la bonne santé de l’Etat génère des attentes qui sont de nature fiscale, mais aussi sociale.

A ce sujet: Les priorités d’un gouvernement de gauche

Le gouvernement accepte donc de faire un pas dans l’autre direction. Après d’importants efforts pour les entreprises, il estime justifié que les personnes physiques puissent aussi bénéficier d’allégements fiscaux ciblés. Le coefficient cantonal d’impôt de 154,5 points baissera de 0,5 point en 2020, puis en 2021 et en 2022. La déduction maximale pour frais de garde sera augmentée de 1000 francs, elle est actuellement à 7100 francs par enfant. Le projet prévoit également l’application de l’initiative des jeunes PLR qui demande une augmentation de la déduction pour assurance maladie de 800 francs dès 2020. La baisse cumulée des recettes fiscales de l’Etat sera de l’ordre de 90 millions en 2022.

Les partis politiques semblent tous saluer ces mesures, à l’exception de l’UDC, pour qui elles sont totalement insuffisantes. «A la suite du bouclement d’une nouvelle année, la treizième d’affilée, avec un confortable bénéfice (147 millions), les contribuables vaudois doivent pouvoir enfin bénéficier d’un retour significatif sur investissement. Cette proposition de baisser de 0,5 point seulement le taux d’imposition en 2020, en 2021 et en 2022 n’est que de l’enfumage de la part de notre exécutif», tempête le secrétariat du parti dans un communiqué.

Egalité salariale et congé paternité

Une revalorisation des salaires les plus bas de l’administration cantonale, y compris pour l’UNIL et le CHUV, entre aussi dans le cadre de cette participation au dynamisme des finances publiques. Dès 2020, les collaborateurs auront la garantie de ne pas gagner moins de 52 000 francs brut annuels. Pour la présidente du gouvernement, Nuria Gorrite, il s’agit d’une mesure d’égalité salariale puisque 70% des employés concernés par ce redressement sont des femmes. Vaud décide également de se placer en pionnier en allongeant le congé paternité de ses collaborateurs à vingt jours.

Les chefs de département ont tour à tour présenté les mesures d’impulsion de leurs politiques publiques. Le conseiller d’Etat PLR Philippe Leuba a présenté l’enveloppe de 75 millions visant à favoriser l’innovation et la diversification du tissu économique vaudois. «Un franc sur deux levés par les start-up en Suisse l’est au bénéfice des start-up vaudoises. Nous sommes le pôle suisse de l’innovation et il s’agit de faire en sorte que cette innovation se traduise par des retombées en termes d’emplois», a-t-il déclaré. Pour le ministre, les annonces du jour profitent au développement économique du canton puisqu’elles permettent d’alléger la fiscalité des entreprises qui créent de l’emploi mais également de baisser la charge fiscale sur les personnes physiques, celles qui consomment et investissent également.

Par ailleurs, des projets à 170 millions de francs

D’autres investissements ponctuels sont prévus en faveur de politiques publiques novatrices, pour un montant de 50 millions: de la protection de la jeunesse au climat et à la diversité en passant par la transition numérique dans les écoles ou la prévention de la radicalisation. Le coût global de toutes ces mesures est estimé à 170 millions.

La RIE III vaudoise, acceptée à 87% en mars 2016, entrera en vigueur le 1er janvier 2019. Par anticipation, l’Etat entre en matière sur un montant additionnel pour compenser les coûts pour les communes. Il se déclare également prêt à envisager une nouvelle répartition du financement des soins à domicile. «Nous souhaitons discuter avec ouverture d’esprit et sommes prêts à aller au-delà des montants avancés jusqu’ici, sur la base de chiffres fiables issus des comptes et non des projections budgétaires», a encore annoncé Nuria Gorrite.

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