Santé

Vaud débat du remboursement des soins dentaires

Le comité d’initiative pour le remboursement des soins dentaires demande que le gouvernement vaudois retire son contre-projet «dénaturé» par la droite

Dans le cadre des discussions amorcées cette semaine au Grand Conseil vaudois sur le remboursement des soins dentaires, le comité d’initiative a réuni la presse pour rappeler ses positions. A l’origine du débat se trouve la gauche radicale vaudoise qui, en 2014, déposait un texte ratifié par 15 000 signatures. 

Appuyée par le Parti socialiste, les Verts, ainsi que divers syndicats, l’initiative demande un système d’assurance publique de soins dentaires financé par un prélèvement analogue à celui de l’AVS, soit à parts égales entre employés et employeurs.

Taxe sur les boissons sucrées

Le ministre de la Santé, Pierre-Yves Maillard, a répondu en début d’année à cette initiative par un contre-projet soutenu par son gouvernement à majorité de gauche. Il propose de rembourser 50% des frais de dentiste des mineurs en taxant notamment les boissons sucrées. Les personnes âgées, handicapées ou vulnérables seraient elles aussi aidées, mais la majeure partie de la population adulte serait laissée à elle-même. 

C’est ce projet qui a été débattu cette semaine au parlement à majorité de droite, après avoir été passablement amendé par la commission ad hoc, dont les forces reflètent celles du plénum.

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D'un modèle à un autre

L’accueil était prévisible chez les partis de droite, qui craignent un alourdissement du budget de la classe moyenne et rappellent l’importance de la responsabilité individuelle. Ils redoutent qu’un tel dispositif ne provoque une forte hausse de la demande, et des dépenses.

«Notre comité d’initiative appelle le Conseil d’Etat à retirer son contre-projet, qui n’est plus qu’un faux-semblant de notre volonté initiale», lance son président, Jean-Michel Dolivo, député d’Ensemble à gauche. «D’une assurance publique de remboursement intégral des soins dentaires, nous sommes passés à un modèle qui ne couvre que des catégories ciblées et partielles de la population vaudoise. Le système de taxes se répercuterait uniquement sur la consommation des catégories sociales les plus modestes et le patronat n’y contribuerait pas.»

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Votation populaire prévue l'an prochain

Pierre-Yves Maillard tempère la situation. «Un retrait du contre-projet constitutionnel ne serait envisagé en dernier recours par le Conseil d’Etat que si la droite dégrade les prestations que nous voulons apporter aujourd’hui aux personnes vulnérables, ce qu’elle affirme ne pas vouloir faire», rapporte-t-il. «Par contre, le Conseil d’Etat se réserve le droit de préférer l’initiative au contre-projet amendé.» Le débat continuera la semaine prochaine au Grand Conseil, les Vaudois devraient voter l’an prochain.

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