Pour le canton, plongé dans les chiffres rouges, c'est la goutte qui fait déborder le vase. Avec le paquet fiscal, il va perdre une quarantaine de millions au profit des familles et une centaine au profit des propriétaires. Ce n'est pas tout. Il y a aussi le paquet d'économies adopté mercredi par le Conseil fédéral, la révision de la LAMal, le dossier de l'hospitalisation en division privée, où le canton a été débouté. Les services de l'administration, qui s'affairent à totaliser les recettes perdues et les charges supplémentaires liées à ces «transferts», articulent le chiffre vertigineux de 400 millions à l'horizon 2009.

«Nous ne voulons pas d'un débat partisan, mais il faut sensibiliser le parlement et l'opinion à l'intérêt général qu'il y a à refuser la décision fédérale», explique le radical Pascal Broulis, chef du Département des finances. Le projet de décret sur le lancement du référendum sera débattu fin août par le Grand Conseil. La politique de redressement financier du gouvernement vaudois, qui passe à la fois par une maîtrise des charges et par la préservation des recettes fiscales, est mise en échec par la décision des Chambres. Cette situation donne lieu à un piquant clivage entre les actuels ministres et les anciens: à Berne, Claude Ruey et Charles Favre défendent le paquet.

Pascal Broulis, qui ne craint pas les comparaisons, ne veut pas suivre «le dangereux chemin de Gerhard Schröder et George Bush, qui veulent diminuer les impôts et emprunter massivement sur les marchés». Dès lors, le rejet du paquet fiscal serait la seule solution pour éviter de couper dans les prestations de la santé, du social et de la formation. Vaud ne manquera pas non plus de brandir l'argument fédéraliste: les cantons doivent défendre leurs compétences dans le domaine clé de la fiscalité.