Opération «Vercingétorix», non pour l’humiliation historique, mais pour l’image de la reddition et des armes déposées. Sous ce nom, les cantons de Vaud et Genève lancent ce jeudi une campagne de collecte des armes, qu’elles soient privées ou, à l’origine, venues des obligations militaires.

Le symbole visuel du vieux chef gaulois jetant les lances à terre illustre l’espoir, qu’exprime la conseillère d’Etat vaudoise à la Sécurité, Jacqueline de Quattro, de «réduire la montagne d’armes qui circulent dans le canton». Les deux gouvernements affirment, en outre, vouloir «répondre aux inquiétudes suscitées par les événements récents impliquant l’usage d’armes à feu».

Chaque jeudi du mois, les arsenaux de Morges et Genève seront ouverts jusqu’à 20h, afin de recueillir fusils et autres pistolets. A Genève, le Nouvel Hôtel de police s’instituera lieu de collecte durant certaines demi-journées, les premières étant fixées les 9 et 23 février. En terre vaudoise, quatre autres points de récolte sont prévus dans les régions.

Jusqu’ici, peu de dépôts

Les responsables assurent que les dépôts seront rendus anonymes. Les employés chargés de prendre les pièces relèveront néanmoins les numéros de série, pour s’assurer que l’arme en question n’est pas recherchée dans le cadre d’un délit. Les armes seront ensuite détruites.

Genève a tenté l’expérience en 2007 et 2010, pour un résultat modeste, indique Caroline Widmer, au Département de la sécurité. En terre vaudoise, lors d’une première tentative en 2009 à l’arsenal morgien, les responsables ont rassemblé 75 pièces des plus diverses, jusqu’au mousqueton. Un bilan plutôt maigre.

«Crainte de questions»

La Suisse est l’un des pays comptant le plus d’armes par habitant. Le canton de Vaud compte 125 000 armes enregistrées, de l’ancien fusil militaire conservé par son porteur au pistolet de tir, en passant par la carabine de chasse. A Genève, à la fin de 2012, 105 000 armes étaient enregistrées. Caroline Widmer précise que l’année passée, 443 armes à feu ont été confisquées, et 38 «déposées spontanément à nos services».

Au sujet de la maigreur de la récolte de 2009, Jacqueline de Quattro argue d’un «sentiment de crainte» de la part d’éventuels détenteurs, qui pourraient malgré tout être intéressés par la remise de leurs armes: «Des gens ont peur qu’on leur pose des questions… Raison pour laquelle le dépôt est anonyme. Certains peuvent trouver une arme à l’occasion d’un décès, dans les affaires d’un grand-père, et se sentir mal à l’aise. Nous voudrions que le fait de ramener ces armes devienne un réflexe, sans contraindre personne.» Allusion à l’initiative sur les armes, qui visait la conservation des armes d’ordonnance à l’arsenal et l’instauration d’un registre national, refusée en 2011. Les cantons de Vaud et Genève l’avaient acceptée.