Vaud et Genève montent au front

Vaud et Genève, qui ont clairement rejeté l’initiative de l’UDC, demandent que les besoins spécifiques des cantons et des régions soient pris en compte dans l’application du texte voté le 9 février. Ils veulent aussi que la mise en œuvre de l’initiative se fasse sans remettre en cause la libre circulation des personnes avec l’UE.

Pascal Broulis pour le canton de Vaud, François Longchamp et Pierre Maudet pour Genève sont allés ensemble à Berne, jeudi dernier, demander que la solution qui reste à trouver soit acceptable par Bruxelles et permette de maintenir les accords bilatéraux avec l’UE. Les représentants des deux cantons étaient entendus par la Commission des institutions politiques du Conseil national. Pierre-Yves Maillard, le président du gouvernement vaudois, devait les accompagner mais a été retenu par les obsèques des victimes de l’accident d’hélicoptère qui a endeuillé le canton.

«Réinvention du stempel»

«Il faut une loi d’application qui soit compatible avec les accords bilatéraux», explique Pascal Broulis. Les deux cantons lémaniques ne jugent pas qu’un article constitutionnel consacrant la voie bilatérale soit la solution la plus adéquate. La mise en œuvre de l’initiative devra aussi être aussi peu bureaucratique que possible, même si, comme le formule le ministre vaudois des Finances, «l’UDC nous a réinventé le stempel».

Les questions encore ouvertes sont extrêmement nombreuses, rappelle-t-il, du sort des étudiants au regroupement familial, en passant par la main-d’œuvre qualifiée du deuxième cercle. «J’ai insisté pour souligner les problèmes très concrets que nous allions rencontrer», précise Pierre Maudet, le ministre genevois de l’Economie. Frontaliers, personnel des organisations internationales et des ONG, requérants d’asile: chacune de ces catégories pose des problèmes différents dont il s’agira de tenir compte.

Prenant l’exemple du World Economic Forum, avec des salariés très majoritairement étrangers et une forte rotation du personnel, Pierre Maudet s’est attaché à montrer les effets pervers qu’aurait un système inadapté. Il a plaidé «pour une interprétation extrêmement souple de la préférence nationale», qu’il juge «aberrante» pour les ingénieurs par exemple.

De multiples autres questions doivent être réglées. Notamment celles que poserait une entreprise genevoise se déplaçant dans le canton de Vaud: comment les permis de travail de cette entreprise seront-ils imputés sur les contingents? s’interroge Pierre Maudet.