Croissance

Vaud prévoit un million d’habitants en 2040

Pour son aménagement du territoire, le canton se base sur le scénario démographique le plus haut

Le canton de Vaud se base sur le scénario de croissance démographique le plus haut pour se mettre en conformité avec les exigences fédérales de l’aménagement du territoire. Alors qu’il recensait 755 000 habitants à fin 2014, il prévoit d’en accueillir jusqu’à 185 000 de plus d’ici 2030, soit un total de 940 000. Selon cette même prévision, le canton aura dépassé le million d’habitants dix ans plus tard.

Ministre cantonale du territoire, la PLR Jacqueline de Quattro justifie ce choix par l’activité soutenue de l’économie vaudoise, qui ne souffre pas de refroidissement économique ou démographique: «Je préfère devoir éventuellement réduire la voilure plutôt que le contraire.» La magistrate a fait état du retard d’investissement dans le passé récent, dû selon elle à une sous-estimation de la croissance à venir. Elle ne parait pas redouter en revanche d’effets conjoncturels négatifs en lien avec l’initiative contre l’immigration de masse.

Avec le scénario moyen, le plus souvent retenu pour les planifications officielles, la population vaudoise sera de 970 000 habitants en 2040. Elle ne dépassera pas les 920 000 avec le scénario bas.

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Les cantons sont obligés de se conformer aux exigences fédérales de l’aménagement du territoire. La LAT limite la création des nouvelles zones à bâtir selon la croissance attendue de leur population pour les quinze prochaines années. La Confédération laisse libre le choix du scénario démographique.

Taux de croissance différenciés

Une fois retenue la prévision supérieure, le canton entend répartir cette croissance sur son territoire selon des modalités très différenciées. Qu’on en juge: la nouvelle limite de l’augmentation démographique annuelle autorisée est de 2,6% pour la partie vaudoise du Grand Genève, mais aussi pour Payerne. C’est le taux le plus important. Elle est de 2,1% pour Yverdon, de 1,8% seulement pour l’agglomération Lausanne-Morges. Les centres régionaux ont droit à 1,7%, les centres locaux à 1,5%, les villages à 1%.

Pour les 308 communes considérées comme villages, cela ne change rien: le pourcent annuel de croissance était déjà la règle. Mais pour les villes et agglomérations, ainsi que pour les multiples centres régionaux et locaux (il en existe pas moins de 35), qui ne connaissent aujourd’hui aucune limite, la contrainte est nouvelle.

Une autre option aurait été, pour garantir la croissance illimitée des villes, de restreindre davantage encore les possibilités des communes rurales. Le canton ne souhaite pas le faire. Pour autant, la nouvelle donne ne devrait pas causer aux centres de grands problèmes, assure l’autorité. Les taux ont été fixés sur la base de la croissance de la population depuis 2008. Ainsi, c’est à la forte hausse de la population dans la Broye que Payerne doit d’obtenir un potentiel annuel record de +2,6%, plutôt qu’à l’influence de sa syndique, Christelle Luisier, fer de lance à l’opposition à la LAT.

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Sortir du moratoire en 2017

Ces taux figurent dans l’adaptation du Plan directeur cantonal (PDCn), que le gouvernement vaudois met en consultation. Avec ce document, le canton espère pouvoir s’adapter aux exigences de la LAT en 2017, soit deux ans avant le délai prévu. Plus vite il normalisera sa situation, plus vite il pourra sortir du moratoire de fait en vigueur aujourd’hui (pas de nouvelle zone à bâtir sans compensation équivalente). Le potentiel vaudois de surfaces constructibles excédentaires ou mal placées est important et permettrait au canton de satisfaire les exigences fédérales sans freiner sa croissance. Mais les communes, officiellement tenues de procéder à ce dézonage depuis 2008, ont fait preuve de résistance. Le bilan du plan directeur en vigueur est éloquent: il n’a pas permis de contrer l’étalement urbain.

Toujours pour se mettre en règle, Vaud met aussi en consultation son projet de taxe sur la plus-value. Un taux de 30% sera prélevé lors d’une nouvelle mise en zone à bâtir, de 20% lors d’une mesure de densification du bâti existant. C’est aussi une obligation de la LAT. Les projets de certains cantons vont jusqu’à 50%.

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