Vaud recourt aux hôtels

L’Etablissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM) doit recourir aux chambres d’hôtel pour héberger les requérants d’asile attribués en nombre au canton. Depuis juillet, des auberges ont abrité entre dix et trente personnes. Ce n’est pas la première fois. Au plus fort du flux de ressortissants étrangers, en 2012, près d’une centaine de candidats à l’asile avaient dus être répartis dans les enseignes de la région.

Avec l’arrivée importante de nouveaux migrants ces derniers mois, l’EVAM avait dû remettre en service un abri de la protection civile à Lausanne en juillet. Un deuxième a été ouvert à Epalinges au début du mois de septembre. Acculé, l’EVAM songe à investir un troisième cantonnement. Exercice compliqué, car il faut ménager la sensibilité des communes, des riverains et des migrants, qui n’hésitent pas à contester leur confinement dans des lieux où règne une forte promiscuité.

D’ici à la fin de l’année, on annonce l’arrivée en terre vaudoise de 50 à 70 requérants supplémentaires. La situation reste donc tendue. Même si les prévisions ont été revues à la baisse par rapport au mois d’août. A cette date, on avait évoqué 300 migrants de plus.

Les difficultés de l’EVAM à trouver un toit pour tout le monde sont récurrentes. L’établissement héberge actuellement plus de 5300 personnes dans huit foyers, neuf abris PC, un sleep-in, ainsi que des appartements.

Face à la précarité des solutions, tant du point de vue logistique que politique, la construction ou l’achat d’immeubles sont devenus des priorités. Un projet devrait aboutir dans deux ans à Lausanne, assurant quelque 100 lits permanents additionnels.

Eviter les abris PC

La situation est moins tendue en Valais. Aucun abri PC n’a pour l’heure dû être ouvert dans le canton, qui dispose de plus de 600 appartements et de plusieurs centres pour éviter de recourir à ces hébergements d’urgence.

Et à Fribourg? Le canton n’envisage pas de réaffecter temporairement un abri PC, comme il l’avait fait lors de la dernière vague. Pour faire face à la situation, les autorités ont trouvé la parade en louant davantage d’appartements pour libérer des places dans les foyers existants. Des discussions sont par ailleurs toujours en cours pour augmenter la capacité d’accueil, grâce à l’ouverture d’une nouvelle structure permanente.