Ce Vaudois de 84 ans nous écrit: «Je viens de recevoir un avis m’informant que ma seconde dose qui devait m’être injectée quatre semaines après la première serait repoussée de deux semaines en raison d’un retard de livraison des vaccins.» Il s’inquiète. Ce délai, mettrait-il en péril l’efficacité de l’injection?

«Une protection intervient entre dix et quinze jours après la première injection – le corps fabrique déjà des anticorps. Mais pour être mieux protégé pour quelques mois, il faut recevoir une seconde injection environ quatre semaines après la première», communique l’Etat de Vaud sur son site internet, précisant que «si le délai entre les deux est un peu plus long, cela n’a pas d’incidence sur l’efficacité».

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Retard de livraison

Dans le canton de Vaud, 36 973 personnes se sont fait vacciner depuis le 28 décembre 2020, 1430 seulement ont reçu leur seconde dose. Combien sont concernées par ce report du second vaccin?

«Dix mille personnes» environ sont touchées par ce délai supplémentaire, nous indique le chef de la logistique hospitalière Pierre-Yves Müller. Il précise que ce sont les dernières personnes vaccinées à qui s'applique ce sursis et que les 25 000 rendez-vous déjà fixés pour la seconde dose n'ont pas souffert de report.  

Le Département vaudois de la santé confirme: «Des rendez-vous pour la deuxième dose ont en effet été fixés six semaines après la première injection, au lieu de quatre semaines. Cette situation s’explique par les retards de livraison des fabricants de vaccins à la Suisse. Ce décalage permet d’assurer les rendez-vous pris pour la première dose, qui procure déjà une protection proche de 90% dès quatorze jours après l’injection, ainsi que les secondes doses pour toutes les personnes déjà vaccinées une fois.»

Pas de conséquence sur l'efficacité du vaccin

Pour le département, c'est assurément «la meilleure solution» pour continuer à faire des premières injections à des personnes particulièrement vulnérables, tout en assurant la seconde dose dans les délais recommandés par l’Organisation mondiale de la santé et l’Office fédéral de la santé publique, soit un intervalle de trois à six semaines entre les deux injections, qu’il s’agisse du vaccin de Pfizer ou celui de Moderna. Le canton de Vaud reste donc aligné sur ces directives.  

«Cette situation n’a pas de conséquence sur l’efficacité du vaccin, ni sur sa sûreté», rassure-t-on au canton. «Au contraire: l’allongement de l’intervalle entre les deux doses ne peut qu’améliorer la réponse immune. La protection quatorze jours après la première dose déjà est proche de 90%. La seconde est surtout utile pour augmenter la durée de la protection (et la faire perdurer sans doute au-delà de six mois, mais à ce jour les scientifiques manquent de recul pour être plus précis).»

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Quelle garantie ont les patients de recevoir leur seconde dose dans les six semaines après la première? «Nous faisons tout pour garantir cette seconde injection dans les six semaines après la première, selon les recommandations de l’OFSP et ce délai est assuré pour les personnes qui ont leur première injection. Si de nouveaux retards de livraisons devaient être annoncés, nous devrions reprendre la planification, en tenant compte de cet intervalle», répond Blaise Genton, médecin-chef à Unisanté et responsable médical de la campagne de vaccination Covid-19 du canton de Vaud.

«Face à la pénurie de vaccins, nous avons dû changer de stratégie et réduire la voilure. Aujourd'hui, les plages de rendez-vous disponibles sont presque pleines mais les personnes à risque souhaitant se faire vacciner peuvent s'inscrire sur une liste d'attente en téléphonant à la hotline du canton. Nous attendons l'approbation du vaccin AstraZeneca pour toutes les personnes âgées de plus de 18 ans, et non pas uniquement jusqu'à 55 ans comme l'a fait la France. Il nous faut vacciner nos personnes à risque pour pouvoir tout rouvrir. On ne peut plus négliger le reste de la société au prétexte que le nouveau variant circule», expose le médecin.