Le canton de Vaud étend sa politique culturelle aux jeux vidéo. Un appel à projets qui encourage la création dans cette discipline court jusqu’au 26 juillet prochain. A la clé, 50000 francs seront partagés entre les projets les plus originaux, artistiques, aboutis d’un point de vue technique et pouvant être commercialisés.

Pour Cesla Amarelle, la conseillère d’Etat chargée de la Formation et de la Culture, à l’origine du projet, il s’agit de montrer que Vaud innove en matière de production vidéoludique. «Nous sommes, semble-t-il, le premier canton à lancer un tel appel à projets, affirme la magistrate socialiste. Je crois au potentiel du jeu vidéo comme source de connaissances et de réflexion.»

Pro Helvetia, l’incubateur du jeu vidéo suisse

Pro Helvetia a saisi le potentiel de croissance de l’industrie vidéoludique. Depuis 2010, la fondation dédie de nombreux projets à la dynamiser et à accroître sa compétitivité. Chaque année, elle envoie des membres des studios de développement représenter la scène suisse du jeu vidéo dans une vingtaine d’événements autour du globe, dans le cadre de Swiss Games. A la Game Developers Conference de San Francisco, l’événement de référence qui s’est tenu en mars dernier, la Suisse a brillé par son approche épurée du design et le public a été conquis par ses jeux simples mais soignés.

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Former de jeunes développeurs

Du design à la programmation, la création de jeux vidéo mobilise de nombreux domaines techniques. Des écoles d’art suisses comme la HEAD, l’ECAL ou la ZHDK ont lancé des programmes de formation, tandis que les Ecoles polytechniques fédérales de Lausanne et Zurich restent les terreaux les plus fertiles pour les développeurs informatiques.

De grands noms de l’industrie du divertissement virtuel sont nés en Suisse. Zurich est ainsi le siège de Giants Software, dont le jeu Farming Simulator atteint des chiffres record de vente partout dans le monde. Le Schaffhousois Urban Games se distingue dans le jeu de simulation économique Transport Fever. Lausanne n’est pas en reste, avec le studio Ozwe Games, pionnier de la réalité virtuelle, qui s’y développe depuis 2008.

Les intérêts des producteurs de jeux vidéo suisses sont bien défendus. L’Association suisse des développeurs de jeux vidéo (SGDA), qui compte aujourd’hui plus de 200 membres, œuvre pour que les développeurs bénéficient d’une attention politique plus soutenue. Il s’agit d’assurer la visibilité d’une industrie dynamique, qui doit rester en vie face aux géantes chinoises, américaines et japonaises.

Un divertissement en plein boom

Selon les derniers chiffres de l’Idate, un think tank européen spécialisé dans l’audiovisuel, l’industrie vidéoludique mondiale pourrait bien atteindre un chiffre d’affaires de 127 milliards de francs à la fin de l’année. En Suisse, cette branche a enregistré en 2018 un produit de 276 millions.