Le canton de Vaud veut maintenir ses compétences en matière de traque secrète des prédateurs sexuels sur internet. Il a demandé d’examiner la création d’une base légale cantonale après l’abandon d’une telle disposition au niveau fédéral.

Un groupe de travail comprenant un représentant du Ministère public a été constitué. Il va mener la réflexion placée sous l’égide de la police cantonale et rendre un rapport à la conseillère d’Etat Jacqueline de Quattro dans le courant de l’année, indique mardi le canton.

La loi fédérale sur l’investigation secrète a été abrogée au début de l’année avec l’entrée en vigueur de la nouvelle procédure pénale. Les enquêteurs ne peuvent en conséquence plus mener de telles investigations avant l’ouverture d’une instruction pénale.

L’enquête secrète vise «en particulier» à débusquer des prédateurs sexuels sur internet, ceux qui pratiquent le «grooming» (sollicitation de mineurs avec des intentions sexuelles). Le canton de Vaud possède un spécialiste internationalement reconnu qui pour l’heure ne peut plus travailler à cette tâche, explique la police cantonale.

La suppression de la loi fédérale a suscité un tollé général. Pour éviter que des prédateurs sexuels ne s’engouffrent dans cette brèche, les enquêtes secrètes préventives du Service de coordination de la lutte contre la criminalité sur internet (SCOCI) ont trouvé un refuge juridique à Schwyz.

La justice schwyzoise vient d’accepter que la police de ce canton surveille les opérations du SCOCI, basé à Berne. L’autorisation est limitée à une année, mais est renouvelable. Avec son initiative, Jacqueline de Quattro veut «accélérer» la recherche d’une solution dans le canton de Vaud, souligne la police.