Transition énergétique

Vaud veut introduire une taxe verte

Pour lutter contre le réchauffement climatique, la ministre Jacqueline de Quattro veut créer un Fonds cantonal pour l’énergie financé par une hausse de la taxe sur l’électricité

Les Vaudois sont prêts à payer le prix pour minimiser le réchauffement climatique. C’est le pari que prend le Conseil d’Etat en lançant son nouveau plan cantonal de l’énergie. Afin de disposer d’un nouveau fonds cantonal ad hoc, le gouvernement propose au Grand Conseil d’élever la taxe cantonale sur l’électricité de 0,18 centime à une fourchette allant de 0,6 à 1 centime par kilowattheure.

«Pour un ménage, cela équivaut à une augmentation de 15 francs par an, calcule Jacqueline de Quattro. Pour une PME, de 1000 francs. Nous estimons que c’est supportable. Les mesures d’efficacité énergétique rendues possibles par cette hausse de taxe auront des répercussions financières positives: près de 140 francs d’économies annuelles pour un ménage. Avec cela, vous avez déjà remboursé votre investissement!» Le gouvernement relève également que le nombre d’emplois liés à la transition énergétique pourrait progresser de 57% d’ici à 2050, et que «cette transition climatique offre de formidables opportunités».

Dernier chantier avant le départ

A quatre mois des élections fédérales auxquelles elle est candidate, la ministre PLR Jacqueline de Quattro lance son dernier gros chantier. Depuis son arrivée à la tête du Département du territoire et de l’environnement en 2014, elle a tenté d’amener la droite vers plus d’ouverture en matière environnementale. Dans un communiqué diffusé lundi après-midi, son parti déclare «rester cependant sur la réserve concernant le délai fixé à 2050 pour atteindre l’ensemble des objectifs fixés, la question du financement et l’impact économique. L’impact de l’augmentation de la taxe cantonale sur l’électricité sur le porte-monnaie des consommateurs ne devra pas être négligé.»

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En mai 2017, lors de l’acceptation de la votation fédérale sur la Stratégie énergétique 2050 par le peuple suisse à 58,2%, Vaud s’est distingué en votant le plus massivement pour, à 73,5%. C’est aussi ce facteur que met en avant la ministre en présentant sa réforme, qu’elle qualifie d’«ambitieuse». «Notre objectif est d’arriver à 1,5 tonne d’émissions de CO2 par habitant et par année à l’horizon 2050», déclare le directeur de l’énergie François Vuille. «Pour diviser par trois les émissions directes de CO2, nous opérerons sur trois axes. La baisse de consommation, d’abord, dans tous les secteurs. Mais abaisser la consommation ne veut pas dire se priver d’énergie: on ne touche ni à la prospérité, ni au confort», tient-il à rassurer.

Le solaire en source prépondérante

Le second volet consiste à développer les énergies vertes, jusqu’à atteindre 50% de production renouvelable en 2050, puis à sortir complètement du fossile. «Nous utiliserons toutes les ressources à disposition, le solaire sera prépondérant», précise encore François Vuille. Le troisième objectif consistera à adapter les infrastructures pour stocker les énergies renouvelables et assurer la sécurité de l’approvisionnement.

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Et l’énergie éolienne? La ministre a fait sien le combat pour les 19 parcs prévus dans le canton de Vaud, tous grevés d’oppositions. «Les éoliennes font partie de notre levier d’énergies renouvelables, affirme-t-elle. D’ailleurs, les dernières décisions du Tribunal fédéral nous donnent raison. Tous les parcs font l’objet d’une procédure judiciaire, souvent pour une question de principe. Ce sont systématiquement les mêmes milieux qui s’opposent aux projets. Le canton de Vaud est le fer de lance de ce débat, car la Confédération nous a confié un mandat en identifiant notre canton comme ayant le plus grand potentiel. Nous avons un rôle de brise-glace, et sommes convaincus que l’éolien est un des piliers de la stratégie énergétique.»

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